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Sous couvert d’émancipation de l’usager, l’empowerment en santé mentale fonctionne aujourd’hui comme un processus de normalisation. Prendre au sérieux cette dimension du pouvoir et de l’agir implique à l’inverse une forme de subversion.
En psychiatrie, négocier est un art. Le soignant y côtoie des patients plus ou moins vulnérables, confrontés à des situations extrêmes. Faute de négociation, la prise en charge est vouée à l’échec.
En négociant les soins proposés, voire en les refusant, le patient questionne le désir soignant, cette énigme à vouloir du bien à quelqu’un qui parfois n’en veut pas… Réflexions pour une éthique de la négociation.
À vouloir éliminer le conflit, les soignants éludent l’opportunité de le dépasser. Pourquoi ne pas essayer d’accepter le dissensus comme un champ des possibles plutôt que l’évacuer et rechercher trop vite un retour à la norme ?
La négociation du soin signe peut-être la fin d’une relation ineffable entre le médecin et le patient, qui fondait une conception de l’autonomie professionnelle.
Si les psychiatres se déclarent spontanément favorables à la décision médicale partagée, dans la réalité, les pratiques restent très hétérogènes. Parfois, les praticiens usent de critères discriminatoires pour l’envisager ou non, ils explorent peu les souhaits des patients ou se réfugient derrière leur « manque d’insight ».
C’est par la relation éducative en santé que la négociation soignant-soigné naît, se construit et vit. Dans cette relation, le patient a besoin du soignant pour décider, choisir et transformer le message, qu’il peut alors s’approprier pour en faire un projet dans son quotidien.
S’appuyer sur la réalité du patient, explorer avec lui les dysfonctionnements qui l’ont entraîné dans ses difficultés, permet au psychothérapeute systémicien d’engager une négociation sur les soins et de limiter la résistance.
Avec sa thérapie centrée sur la personne, Carl Rogers ne parle pas de « négociation », terme peu utilisé à son époque. En revanche, il bouleverse la vision traditionnelle du soin psychique, en intégrant pleinement la personne en souffrance comme agent actif, membre à part entière de la relation d’aide, de son évolution et de ses résultats.
Réduire de façon déterminée le recours à l’isolement ou à la contention, c‘est prévenir
et anticiper les risques de violence et revenir à la clinique et à l’analyse institutionnelle. Repères pour engager une politique résolue et adaptée à chaque établissement.