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Les pays européens voient augmenter de façon inédite la prévalence des troubles mentaux en milieu pénitentiaire. La détention aggrave les troubles de ces populations précaires, augmente les ruptures de soin et majore le risque de récidive.
Les études soulignent la prévalence importante de tous les troubles psychiatriques en prison, avec une surreprésentation des dépressions, des troubles psychotiques et des comorbidités addictives. Revue de l’épidémiologie.
En prison, l’expression clinique de la schizophrénie est fréquemment en lien avec le régime carcéral et sa valence pro-psychotique : risque important de déréalisation, interprétations délirantes se focalisant sur les surveillants ou les autres détenus.
Comment apporter des soins psychiatriques aux personnes détenues, penser la clinique et rencontrer l’autre, dans un contexte où les contraintes de temps et d’espace sont maximales ?
Le service de Soins psychiatriques ambulatoires aux détenus (SPAD) est un dispositif de soins original indépendant des services judiciaires et pénitentiaires. Les 4 L (lieu, limites, lois, langage) servent de balises pour la rencontre avec le détenu. Illustration clinique.
En milieu carcéral, les multiples interfaces santé/justice rendent particulièrement délicate la protection de la confidentialité. Pourtant, il n’y a pas de soins de qualité sans confidences, de confidences sans confiance, de confiance sans secret.
Pour se garder de l’arbitraire, le psychiatre expert doit s’appuyer sur la clinique et des arguments objectifs, et non pas sur des idéologies quant aux fonctions du procès et de la peine. Repères éthiques.
L’analyse des expertises psychiatriques depuis les années 1960 montre qu’elles concluent de plus en plus souvent à la responsabilité des malades mentaux criminels et donc à leur détention. Que traduit cette évolution ? Synthèse entre histoire et sociologie.
Pour des liaisons « plus heureuses » et plus fluides entre les différentes structures de soins, l’infirmier de liaison assume une fonction transversale et accompagne le patient dès son premier accueil puis tout au long de son parcours.
Comment entrer en relation avec une personne soumise à une obligation de soin ? À partir d’outils empruntés à la communication hypnotique, une clinique infirmière du lien peut se déployer. L’objectif est l’apprentissage, parfois
la rééducation, d’une autonomie relationnelle sécure.