N° 308 - Juin 2026

Réduire le pouvoir des voix

Auteur(s) : Jérôme FAVROD, Infirmier spécialiste clinique ; Michaël SCHOËPF, Éducateur responsable Alban ISAMILAJ, Infirmier; Armando BRANA, Éducateur HES; Alexandra NGUYEN, Infirmière, Docteur en sciences de l’éducation.Nbre de pages : 7
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Le soin à une personne qui entend des voix ne consiste pas seulement à combattre un symptôme, mais à ouvrir un espace où elle peut redevenir sujet de son expérience, comprendre ce qu’elle vit et ne plus subir l’autorité de ses voix.

Lorsqu’une personne dit qu’elle entend des voix, les soignants pensent souvent d’abord à un symptôme. Ils se demandent depuis quand il est présent, s’il s’aggrave, s’il répond au traitement, s’il expose la personne ou autrui à un danger. Cette vigilance est nécessaire. Les hallucinations verbales peuvent en effet être associées à une grande détresse, à des conduites de retrait, à une perte de confiance en soi, à des comportements dictés par la peur ou l’obéissance. Elles peuvent aussi s’accompagner d’idées délirantes, d’un trouble de l’humeur, d’un vécu traumatique ou d’une consommation de substances. Pourtant, si le soin s’arrête à cette première lecture, quelque chose d’essentiel risque d’être manqué, car la voix n’est pas seulement un bruit parasite dans le fonctionnement psychique. Elle parle et peut dire quelque chose. Elle s’adresse à la personne, l’accuse, la menace, la conseille, la juge, la protège parfois. Son contenu touche souvent à l’histoire intime, aux peurs, aux pertes, à la honte, à la culpabilité, à l’image de soi. Pour cette raison, travailler avec les voix ne consiste pas uniquement à chercher à les supprimer. Il s’agit aussi d’aider la personne à comprendre ce qu’elle vit, à reprendre une marge de liberté et à ne plus subir leur autorité.

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