Trois nouvelles unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) pour la prise en charge à temps complet des détenus souffrant de troubles psychiatriques vont voir le jour en Île-de-France, en Normandie et Occitanie, avec une volonté affichée de la ministre de la Santé Stéphanie Rist d’accélérer leur développement.
La ministre de la Santé Stephanie Rist s’est exprimée dans une allocution enregistrée et diffusée en ouverture des 29es journées nationales des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire à Paris, le 25 juin 2026, pour « saluer l’engagement » des professionnels de santé auprès de ces « patients vulnérables, porteurs de parcours souvent difficiles ». La ministre a annoncé à cette occasion la création de trois nouvelles unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) (1) pour la prise en charge à temps complet des détenus souffrant de troubles psychiatriques
La ministre a souligné que l’action de l’exécutif « doit pleinement s’intégrer dans la feuille de route interministérielle des personnes placées sous main de justice » alors que « vient d’être créée une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, en cette seconde année de grande cause ». Cette feuille de route « fait de la santé mentale une priorité majeure pour améliorer les parcours de soins, structurer les prises en charge, développer la prévention du suicide » et mieux connaître l’état psychique des détenus. La ministre a également eu un mot pour les Services Médico Psychologiques Régionaux (SMPR), qu’elle a qualifié d' »armes essentielles de la prise en charge » de cette population.
Pour autant, « certaines situations cliniques requièrent des hospitalisations complètes » en psychiatrie, ce qui est le rôle des UHSA, a-t-elle poursuivi, expliquant souhaiter leur développement. Aujourd’hui, 9 UHSA sont réparties sur le territoire national, avec 440 places au total, afin « d’améliorer les conditions de mise en charge [des détenus] et de mieux garantir les droits des patients« . La pertinence des ces unités a d’ailleurs été attestée par la Cour des comptes, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale de la justice (IGJ), ainsi que plusieurs rapports parlementaires, notamment au Sénat, comme l’a rappelé Stéphanie Rist. « C’est pourquoi avec le garde des Sceaux Gérald Darmanin, nous sommes en train de signer un arrêté prévoyant la création de trois nouvelles UHSA« , a-t-elle poursuivi, sans préciser combien de lits seraient créés. Dans leur rapport rendu en 2020, la mission Igas-IGJ proposait de créer en priorité environ 150 nouveaux lits en Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Normandie et éventuellement en Bourgogne-Franche-Comté.
La ministre a précisé que les nouvelles unités ouvriront en Île-de-France, en lien avec le CH intercommunal Robert-Ballanger à Villepinte (Seine-Saint-Denis), en Normandie avec le CH spécialisé du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), et en Occitanie, en lien avec le CHU Montpellier et le CH de Béziers (Hérault). « Ces ouvertures à venir permettront de mieux répondre aux besoins des territoires et de poursuivre l’amélioration de la qualité des prises en charge », a-t-elle développé, confiant que « garantir aux personnes détenues un accès à des soins psychiatriques adaptés est un enjeu à la croisée de la santé publique, de l’égalité des soins et du respect des droits fondamentaux ». Les textes sont en cours de signature selon la DGOS.
1– Les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA), instituées par la loi de 2002, accueillent des personnes détenues atteintes de troubles mentaux. Elles sont implantées au sein d’établissements de santé et sécurisées par l’administration pénitentiaire. Les neuf premières unités ouvertes, entre 2010 et 2018, regroupent 440 places. Source : Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS).
Évaluation des unités hospitalières spécialement aménagées pour les personnes détenues, Inspection générale des affaires sociales et Inspection générale de la justice, publié le 26 février 2020 – Mis à jour le 10 janvier 2024.









