Le recours aux soignants intérimaires invite à réinterroger la notion d’équipe stable pour réinventer la coopération face à des collectifs de travail plus mouvants. En jeu : la continuité des soins et la qualité du lien humain.
L’absentéisme et le turn-over élevés dans les métiers de la santé justifient le recours massif aux intérimaires ou vacataires, souvent accusés d’accroître l’épuisement et la charge mentale des équipes permanentes. « Je n’ai déjà pas le temps de faire mon travail en temps normal. Maintenant, il faut en plus que j’accueille et que je forme les intérimaires. Si encore elles revenaient régulièrement, mais non, elles changent tout le temps, je ne vois jamais les mêmes visages… », entend-on, en substance, dans la bouche des infirmières, lorsqu’on les interroge.
Le pédopsychiatre P. Délion définit l’équipe soignante comme un ensemble de sujets réunis autour d’une mission partagée, celle de soigner les patients, au-delà du statut hiérarchique de chacun. Les professionnels de santé, le personnel administratif, les agents des services hôteliers ou le personnel d’entretien en font donc partie. (1)
En cas de recours à du personnel intérimaire ou vacataire, plusieurs leviers peuvent ainsi être mobilisés pour continuer à « faire équipe » malgré la fragmentation. Il s’agit en premier de créer une structure d’accueil suffisamment claire pour que n’importe quel soignant extérieur puisse s’y insérer le plus rapidement possible et y trouver sa place.
Sécuriser le noyau dur
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