Encourager une dynamique internationale en faveur de la santé mentale

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En ce mois d’octobre, après les Assises nationales de la santé mentale et de la psychiatrie, le Sommet mondial sur la santé mentale a été l’occasion de prises de position fortes notamment de l’ONU, l’OMS, l’Unicef, pour réaffirmer la nécessité d’un investissement plus fort dans les politiques de santé publique

Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, l’a souligné en ouverture du sommet mondial de la santé mentale les 5 et 6 octobre à Paris : « le thème des droits en santé mentale retenu pour le sommet fait aussi pleinement écho à l’actualité : le respect des Droits fondamentaux dans les systèmes de prise en charge des personnes ayant un problème de santé mentale et/ou en situation de handicap psychique, est l’un des sujets cruciaux mis en lumière pendant la crise sanitaire. (…) La dynamique internationale n’a jamais été aussi porteuse, au vu du nombre d’initiatives qui émergent et du nombre de voix qui s’élèvent pour témoigner et plaider en faveur d’un plus grand respect des Droits en santé mentale. Le sommet s’appuie sur cette mobilisation internationale et la mobilisation de la France en faveur des droits s’inscrit dans une approche globale de notre politique de santé mentale. »

Pour Olivier Véran, ce sommet avait une double ligne directrice :
- illustrer et convaincre par ses travaux et ses échanges qu’il est possible, même pour des pays ne disposant pas encore des systèmes de santé les plus robustes, de garantir, par le respect des droits des personnes, un parcours de vie et de soins satisfaisant aux personnes ayant un problème de santé mentale ou en situation de handicap psychique ;
- consolider comme une vraie force motrice pour la communauté internationale et avec l’appui de l’OMS, le leadership des pays qui se sont particulièrement engagés en faveur de la santé mentale

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a soutenu « que malgré la prise de conscience accrue des problèmes de santé mentale dans le monde, le pourcentage moyen des budgets de santé gouvernementaux consacrés à la santé mentale est resté à seulement 2 %. Les violations des droits humains des personnes souffrant de troubles mentaux restent trop courantes« .

De son côté, António Guterres, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a rappelé lors de son intervention au Siège de l’ONU à New York, que « la vulnérabilité et les problèmes de santé mentale font partie de notre expérience humaine collective et doivent être traités aussi sérieusement que les problèmes de santé physique, y compris pendant une pandémie mondiale ». Il a par ailleurs encouragé les donateurs, les gouvernements et les agences humanitaires « à accroître leurs investissements dans la santé mentale et le soutien psychosocial, qui sont des éléments essentiels pour soutenir des communautés et des sociétés pacifiques, résilientes et inclusives« .

Pour l’UNICEF, un constat s’impose : des milliers d’enfants et de jeunes dans le monde souffrent de troubles d’anxiété. Dans la plupart des pays, moins des quatre cinquièmes des enfants déclarent être satisfaits de leur vie. La France se place au 7e rang en ce qui concerne le bien-être et la santé mentale des enfants. Pour les adolescents, une situation de stress et une exposition à des événements traumatisants peuvent entraîner de graves conséquences telles qu’une faible estime de soi, des problèmes de santé, de mauvais résultats scolaire voire même l’automutilation. « La santé mentale fait partie intégrante de la santé physique. Nous ne pouvons pas continuer à la considérer autrement »,  selon Henrietta Fore, directrice générale d’UNICEF. « Il est important de comprendre cet enjeu et d’investir suffisamment dans ce domaine parce qu’il joue un rôle crucial dans la pleine réalisation du potentiel de chaque enfant « .

Olivier Véran l’a rappelé, « il s’agit donc, par quelques propositions concrètes à débattre, d’intensifier à l’issue de ce sommet, la structuration des échanges entre les professionnels, la société civile et les décideurs politiques, dans une approche réseau. L’inclusion ou le renforcement du volet « santé mentale » dans certaines actions internationales pourraient être recherchés. A cet égard, les recommandations des groupes de travail qui découleront de ce sommet seront précieuses« . Ces recommandations n’étant pas encore publiées au lendemain du sommet mondial nous ne pouvons les partager avec vous. Dès que possible, nous le ferons.

Agnès Buzyn qui dirige la future Académie de l’OMS a affirmé que les programmes autour de la santé mentale seraient les premiers à être développés.