Victimes de la catastrophe AZF: persistance des troubles psychologiques

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Dès les premiers jours qui ont suivi l’explosion de l’usine « AZF » le 21 septembre 2001 à Toulouse, un programme de surveillance a été mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) avec de très nombreux partenaires scientifiques et institutionnels pour évaluer les conséquences sanitaires de la catastrophe industrielle et les besoins de prise en charge de la population. Dans les deux ans qui ont suivi la catastrophe, différents systèmes d’information ont été confrontés et trois grandes enquêtes ont été menées chez les enfants, les habitants de Toulouse et les travailleurs et sauveteurs.

De septembre 2001 à juillet 2011, la CPAM a ouvert 11618 dossiers pour des assurés déclarés victimes de l'explosion AZF, dont 7827 au titre du risque maladie et 3791 au titre d'un accident du travail. Elle a ensuite mis en place, en collaboration avec son centre d’examens de santé (CES) et l’équipe risques post professionnels cohortes mixte du Cetaf-Inserm, la « cohorte santé AZF », enquête auprès de 3000 volontaires. Cette étude a permis de suivre le devenir professionnel et la santé des travailleurs et sauveteurs de l’agglomération toulousaine sur une durée de 5 ans. Les premières données témoignent de la persistance des troubles après l’explosion, tant au niveau psychologique qu’auditif.

L’évaluation de la santé mentale des volontaires de la cohorte a été réalisée chaque année de suivi par différents autoquestionnaires qui explorent les symptômes de stress posttraumatique et les symptômes dépressifs. Les fréquences de ces problèmes de santé mentale demeurent importantes au cours du temps : trois ans après la catastrophe, 15% des hommes et 22% des femmes présentaient encore des symptômes de stress posttraumatique. Cinq ans après la catastrophe, ces proportions étaient de 13% et 18%. Les symptômes dépressifs qui concernaient 34% des hommes et 50% des femmes en 2005 étaient respectivement de 42% et 60% en 2007.

Un lien entre la consommation de médicaments psychotropes et l’explosion a été confirmé par une analyse récente des données de l’Assurance maladie. Il révèle un impact durable de la catastrophe industrielle. En effet, quatre ans après l’explosion, 14% des participants à la cohorte consommaient des anxiolytiques et 10%, des médicaments antidépresseurs. Cette consommation de médicaments antidépresseurs était d’autant plus fréquente que les personnes avaient été proches du lieu de l’explosion. Les hommes qui se trouvaient à moins de 1,7 kilomètre du site lors de l’explosion étant trois fois plus nombreux à en consommer que ceux qui étaient à plus de 5 kilomètres. Chez les femmes, en prenant les mêmes distances, la consommation d’antidépresseurs est une fois et demi plus élevée.

 

Les résultats définitifs de l’évaluation des conséquences à moyen terme de l’explosion dans le domaine de la santé mentale et des troubles auditifs seront disponibles en 2012.

Plus d'infos sur le site de l'Institut de veille sanitaire