Un article publié dans un numéro thématique «Sexualités et santé sexuelle : enjeux de santé publique au fil de la vie » du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, met en évidence la diversité des pratiques de consommation de produits psychoactifs en contexte sexuel, qui concernent aussi d’autres groupes sociaux que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Ces personnes qui consomment des produits psychoactifs ont par ailleurs plus souvent des scores élevés de troubles dépressifs.
Introduction – L’usage de produits psychoactifs en contexte sexuel est pris en compte par les politiques de santé quasi exclusivement sous l’angle de la pratique du chemsex, qui renvoie à une forme spécifique d’usage de produits chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Des études récentes appellent à documenter l’ampleur et la diversité des pratiques de consommation de produits psychoactifs en contexte sexuel dans la population générale, afin d’élaborer des politiques de santé adaptées à chaque public. L’objectif de cet article est précisément de proposer une mesure de ces pratiques et de cartographier leur diversité à travers des indicateurs de prévalence.
Méthode – Les données collectées sur le sujet dans l’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023) permettent de proposer des indicateurs de prévalence en population générale âgée de 18 à 89 ans. Plusieurs types de questions abordaient le lien entre consommation de produits psychoactifs et sexualité.
Résultats – Les usages de produits psychoactifs en contexte sexuel restent des pratiques très minoritaires. Elles sont cependant plus fréquentes chez les personnes ayant déjà consommé des produits. Les personnes ayant déjà eu des rapports sexuels avec des partenaires du même sexe (HSH et FSF) déclarent plus souvent ces pratiques, mais celles-ci existent dans l’ensemble de la population.
Les femmes concernées le sont particulièrement par la consommation d’alcool et/ou de cannabis. Les personnes qui consomment des produits psychoactifs ont plus souvent des scores élevés de troubles dépressifs. Les HSH sont les plus nombreux à être concernés par la consommation de produits psychoactifs. Ces résultats renforcent la nécessité de mettre en place des dispositifs de prévention adaptés.
Conclusion – Les résultats mettent en évidence la diversité des pratiques de consommation de produits psychoactifs en contexte sexuel, qui concernent aussi d’autres groupes sociaux que les HSH. De plus amples études seraient nécessaires pour mieux documenter les spécificités des usages dans différents groupes sociaux.
Consommation de produits en contexte sexuel : appréhender la diversité des pratiques à partir de l’enquête Contexte des sexualités en France 2023. Marion Serot et coll. Centre d’étude des mouvements sociaux (Cems), École des hautes études en sciences sociales (Ehess), Paris
BEH n°12-13, Sexualités et santé sexuelle : enjeux de santé publique au fil de la vie, mai 2026











