N° 256 - Mars 2021

E-santé mentale en prévention du suicide

Auteur(s) : Margot MORGIÈVE, chercheuse en sciences sociales, Charles-Édouard NOTREDAME, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent, et Philippe COURTET, professeur de psychiatrieNbre de pages : 6
FacebookTwitterLinkedInEmail

S’agissant de la prévention des conduites suicidaires, l’une des plus-values majeures des applications et objets connectés (AOC) tient aux facilités d’interpellation et d’interactions qu’elles autorisent « à tout moment et en tout lieu » pour les personnes en détresse.

La plupart du temps étudiées comme un ensemble nosographique homogène, les pensées suicidaires relèvent en réalité d’une expérience subjective complexe, largement variable d’un individu à l’autre et fluctuant en nature et en intensité dans le temps. De la même manière, les tentatives de suicide peuvent résulter de dynamiques psychopathologiques variables, depuis le processus suicidaire lent et progressif jusqu’au passage à l’acte rapide, réactionnel d’une intensification soudaine de la douleur morale (1). Du point de vue de la prédiction et de la prévention, les implications de cette phénoménologie sont fondamentales. Plutôt que de repérer les facteurs de risque de long terme, elles invitent davantage à s’efforcer d’évaluer et de comprendre les facteurs qui précèdent les conduites suicidaires de quelques minutes ou quelques heures. Malheureusement, les outils traditionnellement employés pour évaluer les pensées suicidaires sont inadéquats à capturer des dynamiques temporelles aussi fines.

Pour poursuivre votre lecture

ou

Acheter l'article

5,00 €

Acheter le numéro