10 Octobre 2026 - Paris

Seul avec tous

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Colloque organisé par Enseignement, création, analyse, recherche, transmission Psy (ECART-Ψ)

La solitude primordiale du petit humain et sa dépendance radicale interrogent. Comment le sujet parviendra-t-il à construire une capacité d’être seul ?

La clinique analytique permet de distinguer la solitude inhérente à la condition humaine de l’isolement et de l’abandon. Il y a plusieurs registres de solitude. Les situations extrêmes peuvent ouvrir des espaces psychiques inédits pour certains ou destructeurs pour d’autres. Comment conduire nos patients à assumer les épreuves de solitude quand le réel fait effraction lors de pandémies, guerres, maladies, traumatismes ?

Une autre forme de solitude est apparue, liée à l’étrangeté du monde contemporain, aux repères vacillants, à la dévalorisation de la parole, à l’inversion des mots, au tournant rapide que prend l’histoire. Les bouleversements touchent tous les domaines, intellectuel, technologique, clinique, politique, social et nous contraignent à des remaniements permanents. Par exemple, l’intelligence artificielle susceptible de fasciner par son potentiel créatif peut aussi générer un sentiment de toute-puissance ou d’insécurité et limiter la pensée individuelle. Les téléphones portables sont devenus comme un prolongement de notre corps et les réseaux dits sociaux nous donnent l’illusion d’un compagnonnage permanent. L’homme moderne souffre-t-il de solitude ou d’absence de solitude ?

Il s’agit de prendre acte des modifications de notre société, d’apprécier l’apport d’innovations abyssales tout en mesurant leurs limites et leurs dangers.

Comment répondre avec intelligence à l’artificiel ?

Une question fondamentale se pose aux cliniciens : la souffrance et l’isolement de nos patients ont-ils changés dans ce contexte de transformations sociétales ? Une élaboration rigoureuse est nécessaire pour proposer des outils thérapeutiques novateurs adaptés au monde actuel et préserver la conception analytique du soin. Plus que jamais, notre inventivité est sollicitée.

Le clinicien travaille seul, sa responsabilité et son engagement sont essentiels. Son rôle n’est-il pas de redonner sens et valeur à ce que parler veut dire et à ce que la solitude implique ? Trouver ou retrouver en soi une liberté psychique et conduire nos patients à se séparer sans peur ? Aujourd’hui il y a urgence à maintenir la capacité de penser, d’anticiper, d’agir, de créer, seul et avec tous.

Informations pratiques :