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Depuis les descriptions de Lasègue au XIXe siècle, la prise en charge de l’anorexie a évolué. La pathologie ne réside pas dans le comportement lui-même mais dans l’enfermement de ce comportement, c’est-à-dire la perte de liberté de
choix pour des motifs émotionnels.
Accompagner les personnes souffrant d’anorexie vers la guérison suppose une écoute vivante, une présence attentive et constante. Comment décrire toute l’importance de la parole ? Que se passe-t-il pour les patientes et le thérapeute au cours de la rencontre thérapeutique ?
Une enquête réalisée auprès d’adolescentes, neuf ans environ après leur hospitalisation pour anorexie sévère, souligne la gravité potentielle de cette
affection sur le plan somatique et psychique, même si le devenir semble s’améliorer au fil du temps du fait de soins de plus en plus pointus et pluridisciplinaires.
L’écoute psychanalytique de la boulimie propose de prendre le temps d’accueillir la douleur des conflits et des inquiétudes inconscientes que la patiente a voulu réduire en bouillie par ses crises. La compréhension de cette déformation du lien à soi et aux oralités humaines passe également par une réflexion sur le mensonge et la transmission.
Les troubles des conduites alimentaires sont autant l’affaire de l’adolescente
que de sa famille qu’elle implique de façon intime en s’adressant à sa fonction nourricière.
Dans l’anorexie, le plaisir sensoriel associé à la nourriture est altéré. Une équipe niçoise propose à ces patientes un parcours sensoriel, sous forme d’ateliers. L’utilisation des voies sensorielles et leur lien aux émotions aident à la levée du déni, à l’affaissement des clivages et à la diminution de la souffrance lors de la reprise de poids.
L’Unité pour troubles des conduites alimentaires du Centre Abadie de Bordeaux a instauré depuis plusieurs années des ateliers de représentation de soi. Silhouette tracée sur papier, avatars numériques, mise en forme de poupée… accompagnent Juliette vers la guérison.
À son arrivée dans le service de pédiatrie, le jeune Olivier, qui souffre d’anorexie, a beaucoup de difficultés à entrer en lien. Un patient travail de détricotage de son histoire lui permettra de reconstruire son identité.
Avec les patients souffrant d’anorexie, le thérapeute doit sans cesse composer avec son impatience à vouloir les guérir, pour introduire une certaine latence dans le soin. Un temps essentiel à la digestion de ce qui s’élabore et se déploie en eux.
La prise en charge du trouble bipolaire ne se limite pas aux épisodes aigus de la maladie et à la prévention des rechutes mais inclut les aspects spécifiques de la phase intercritique. Au cours de cette période, un dépistage systématique des troubles résiduels peut déboucher sur une prise en charge personnalisée et intégrative qui englobe le traitement médicamenteux et des mesures psychothérapeutiques ciblées.