Pénurie de psychiatres : ne pas dégrader la qualification !

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Le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP) dénonce la remise en cause par le Centre national de gestion (CNG) des préconisations des commissions de qualification en psychiatrie pour les médecins diplômés hors Union européenne (PADHUE). La pénurie de psychiatres ne saurait justifier un abaissement des exigences de formation, pas davantage que des conditions d’emploi inéquitables. Communiqué

Une démographie défavorable, des PADHUE indispensables
La psychiatrie française fait face depuis plusieurs années à une démographie très défavorable dont les effets pèsent directement sur l’accès aux soins et les conditions de prise en charge. Dans ce contexte, les PADHUE jouent un rôle indispensable dans le fonctionnement de notre système de santé et constituent une partie de la réponse aux
difficultés démographiques de la discipline, dans l’attente d’une réelle politique d’attractivité dotée de moyens.

Le rejet par le CNG : une question démocratique et d’équité
Les commissions de qualification en psychiatrie du Conseil national coordonne l’action de l’Ordre des médecins (CNOM) ont élaboré une procédure permettant d’évaluer de manière homogène et équitable le parcours de ces médecins. Elle repose sur l’examen de leur formation et, lorsque nécessaire, sur des stages complémentaires en services universitaires permettant de consolider leurs compétences. Or, le CNG a rejeté ces conclusions, notamment celles relatives aux compléments de parcours. Outre la question démocratique qu’une telle décision soulève, le CNPP dénonce une remise en cause des compétences des psychiatres au profit d’une approche dégradée de la qualification. La psychiatrie requiert une expertise clinique spécifique et une formation théorique et pratique approfondie. Cette décision pose une question d’équité dans la formation, que les organisations représentant les internes ne manqueront pas de dénoncer.

« Le besoin de médecins supplémentaires ne saurait conduire à opposer démographie médicale et qualité des soins ».

Une même exigence de compétence pour une même responsabilité et une égalité de traitement
Le CNPP rappelle que cette exigence ne constitue en rien une mise en cause de la compétence ou de l’engagement des PADHUE. Elle relève d’un principe applicable à tous les médecins, quel que soit leur lieu de formation. Une même exigence de compétence pour une même responsabilité envers les patients. Cette égalité des exigences doit avoir pour contrepartie une égalité de reconnaissance et de traitement. À compétences et responsabilités équivalentes, les PADHUE doivent pouvoir bénéficier d’une rémunération comparable à celle de leurs confrères diplômés en France.
Les PADHUE ne doivent plus demeurer une variable d’ajustement permettant aux établissements hospitaliers de pallier leurs difficultés de recrutement au prix de rémunérations et de conditions d’emploi moins favorables.

Créé en 2014 à la demande du gouvernement, le CNPP représente l’ensemble des professionnels de la psychiatrie dans leurs diverses modalités d’exercice. Composé de dix structures (sept syndicats, deux structures fédératives regroupant les associations scientifiques et les sociétés savantes, et le Collège National Universitaire en Psychiatrie), il a notamment pour mission d’être l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics dans la coordination des réflexions
en ce qui concerne l’amélioration
des processus de prise en charge, de la qualité des soins et de l’expertise professionnelle en psychiatrie.
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