Dans la relation de soin, le corps du soignant est engagé dans un contre-transfert corporel. Tensions, émotions, gestes, voix, tonus et postures participent en permanence aux échanges. Il reçoit alors en direct ce qui n’est plus contenu dans la psyché du patient.
On parle souvent du corps soignant, sans vraiment penser au corps du soignant. La dimension corporelle de l’acte de soigner reste peu explorée. Qu’est-ce qu’un corps « soignant » ? Quel usage en avons-nous pour qu’il puisse être un corps qui soigne un autre corps ? Et quelles conséquences, parfois délétères pour la santé et entravant le processus thérapeutique, peut-il y avoir sur ce corps, « soignant » presque malgré lui et si peu pris en compte ? Mal de dos, migraine, problèmes de sommeil, irritabilité cutanée sont autant de manifestations corporelles qui témoignent très souvent d’une souffrance au travail. Mais est-ce lié seulement à la fatigue du métier ? Quelle que soit notre spécialité (infirmier, médecin, psychomotricien, psychologue, orthophoniste, éducateur…) l’implication et l’engagement dans le soin sont une réalité physique et psychique. Si la communication non verbale est de plus en plus prise en compte dans les théories psychanalytiques et neuroscientifiques, quand il s’agit des soignants les effets d’absorption, d’identification, d’emprise, de stress, voire de contagion émotionnelle sont encore très peu écoutés. Pouvons-nous continuer à ignorer que ce qui se vit entre soignant et patient est une relation de corps impliqués dans la relation thérapeutique et qu’il faut la mettre au travail ?
Pour poursuivre votre lecture
Connectez-vous à votre compte si vous êtes déjà client.










