Remettre en cause l’efficacité d’un vaccin, diffuser de fausses informations sur un traitement ou dissuader les femmes de réaliser une mammographie… ces contenus peuvent avoir des conséquences directes sur les décisions de santé des Français. Face à ce risque majeur, la ministre Stéphanie Rist lance un Observatoire de la désinformation en santé.
Cette annonce de la ministre de la santé, des familles et des personnes handicapées s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, présentée le 12 janvier dernier qui poursuit trois objectifs : mieux comprendre les mécanismes de la désinformation, renforcer la capacité des citoyens à identifier les informations fiables et apporter des réponses rapides, fondées sur la science car « la désinformation en santé est un lent poison mortel. C’est l’une des principales menace pour notre santé publique » selon Stéphanie Rist.
Une consultation citoyenne qui révèle l’ampleur de la désinformation en santé
Le ministère a engagé une démarche de consultation citoyenne inédite, associant enquêtes d’opinion, entretiens approfondis et réflexion collective. Cette démarche s’appuie notamment sur une enquête représentative de 2 061 Français âgés de 15 ans et plus, réalisée en mars 2026. Les résultats révèlent une exposition massive des Français à la désinformation en santé :
- 91 % des Français déclarent avoir déjà été exposés à des informations fausses ou trompeuses en matière de santé ;
- 38 % indiquent y être confrontés au moins une fois par mois ;
- 42 % estiment difficile de trouver des informations fiables ;
- 34 % déclarent ne pas savoir comment vérifier une information.
- 74 % des 15-24 ans déclarent avoir déjà cru une fausse information en santé.
Cette démarche a également associé un Comité citoyen qui, après trois week-ends de réflexion, a formulé des recommandations pour améliorer l’accès à une information fiable, développer l’esprit critique et renforcer la responsabilité des acteurs du numérique.
Face à ce constat, le ministère déploie aujourd’hui de nouveaux moyens pour mieux détecter les fausses informations, y répondre et accompagner les Français.
Un Observatoire de la désinformation en santé pour comprendre, anticiper et agir
Préconisé par une mission d’expertise indépendante et par le Comité citoyen, l’Observatoire de la désinformation en santé constitue l’une des principales mesures de la stratégie nationale. Son objectif est de mieux identifier les fausses informations, comprendre leurs mécanismes de diffusion et anticiper les risques qu’elles représentent pour la santé publique. L’Observatoire assurera une mission de veille, d’analyse et d’alerte, notamment à travers :
– la publication de baromètres réguliers pour mesurer l’évolution de la désinformation en santé ;
– la conduite de travaux d’analyse, de recherche et de revues de littérature scientifique ;
– l’identification des phénomènes émergents et le partage des connaissances avec les professionnels de santé, les médias et le grand public.
Il pourra également animer des groupes de travail sur des enjeux prioritaires comme l’éducation critique à l’information, l’intelligence artificielle ou la responsabilité des plateformes numériques. Un conseil scientifique adossé au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) garantira la rigueur méthodologique, la transparence et la crédibilité de ses travaux. En lien avec les chercheurs, les sociétés savantes, les ordres professionnels, les médias et les professionnels de santé, l’Observatoire a vocation à devenir une référence dans la lutte contre la désinformation en santé.
Un dispositif d’infovigilance pour détecter les fausses informations et organiser la riposte
Pour agir rapidement face aux fausses informations susceptibles de mettre en danger la santé des Français, le ministère met également en place un dispositif d’infovigilance, qui constitue l’un des moyens d’action de l’Observatoire.
Ce dispositif reposera sur trois étapes :
– la veille : le ministère de la Santé, les agences régionales de santé (ARS) et les opérateurs en santé identifieront les fausses informations et les signaux émergents ;
– l’analyse : les informations détectées seront évaluées selon leur dangerosité, avec l’appui d’experts scientifiques indépendants chargés de produire des réponses fondées sur les connaissances scientifiques ;
– la riposte : des contenus de décryptage fiables et accessibles seront diffusés auprès du grand public, notamment sur Santé.fr et sur les réseaux sociaux.
Ce dispositif permettra de mieux coordonner les acteurs publics, de mobiliser rapidement l’expertise scientifique et d’apporter des réponses adaptées aux fausses informations qui circulent.
De nouveaux outils pédagogiques pour mieux informer les Français
Parce que la lutte contre la désinformation doit aussi se mener là où les Français s’informent, le ministère développe de nouveaux formats adaptés aux usages numériques.
– « le Check-Up » : une chaîne TikTok pour déconstruire les fausses informations. Conçue par le ministère de la Santé et ses partenaires, elle propose des vidéos courtes et accessibles dans lesquelles des professionnels de santé décryptent les fausses informations, expliquent les connaissances scientifiques et répondent aux idées reçues. L’objectif est de rendre l’information médicale fiable plus visible, notamment auprès des jeunes, en utilisant les formats et les codes des réseaux sociaux.
– un quiz interactif sur Santé.fr pour apprendre à distinguer le vrai du faux ;
– un nouveau quiz interactif sera également déployé sur Santé.fr pour aider les Français à identifier les fausses informations, comprendre les biais cognitifs et le rôle des algorithmes dans leur diffusion. À travers des sessions régulières, cet outil pédagogique permettra à chacun de développer des réflexes simples pour vérifier une information et identifier des sources fiables.
Ces nouveaux outils complètent les actions déjà engagées par le ministère pour renforcer l’accès à une information de santé fiable, claire et accessible à tous.
« Avec ces nouveaux outils, nous voulons mieux détecter les fausses informations, y répondre plus efficacement et donner à chacun les moyens de faire des choix éclairés. Parce qu’en matière de santé, une information fiable peut aussi sauver des vies. » Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
Pour en savoir plus
– Observatoire de la désinformation en santé
– Espace Décryptage de Santé.fr
– Lancement de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé
– Consulter la présentation sur les Français et la désinformation en santé
• 21 octobre 2026, communiqué de sante.gouv.fr « Le ministère de la Santé déploie de nouveaux outils pour lutter contre la désinformation en santé »











