Mastiquer contre l’hypersialorrhée ?

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Au CH de Cadillac, l’étude pilote ChewDaily va évaluer l’impact de la mastication de chewing-gum sur l’hypersialorrhée, liée à la prise de psychotropes.

La prise en charge des troubles psychiatriques nécessite fréquemment la prescription de psychotropes, fortement pourvoyeurs d’effets indésirables. Parmi eux, l’hypersialorrhée (excès de salive) peut impacter significativement la qualité de vie des patients (1). Des traitements médicamenteux existent, mais leur efficacité reste limitée et ils peuvent induire des effets indésirables supplémentaires, entraînant parfois des problèmes d’observance (2, 3).

Des années de surveillance clinique au Centre hospitalier de Cadillac, un groupe de travail sur les troubles de la déglutition, une recherche bibliographique approfondie et des formations spécifiques, ont permis d’envisager l’utilisation du chewing-gum pour rétablir les capacités fonctionnelles de la déglutition. Les premiers essais auprès de patients souffrant d’hypersialorrhée se sont révélés encourageants.

Dans ce contexte, l’étude Chew Daily, menée par une équipe pluridisciplinaire du CH de Cadillac (ergothérapeute, pharmacien, psychiatre, médecin généraliste) a pour objectif d’évaluer l’impact de la mastication de chewing-gum sur l’hypersialorrhée.

Cette étude pilote compare ainsi deux groupes de 23 patients séjournant en hospitalisation complète : un groupe expérimental bénéficiant d’un programme de rééducation de la déglutition par mastication de chewing-gum, et un groupe contrôle, évalué selon le même protocole sans utilisation de chewing-gum. Dans le groupe expérimental, chaque participant bénéficie de séances de rééducation avec mastication trois fois par semaine pendant quatre semaines. Chaque séance dure 15 minutes, durée déterminée à partir de retours cliniques de patients sur cette pratique. L’hypersialorrhée, la qualité de vie et l’observance aux traitements sont évaluées dans les deux groupes à l’aide de divers outils standardisés et de questions spécifiques.

Classifié Recherche impliquant la personne humaine de catégorie 2, le projet a reçu un avis favorable du Comité de protection des personnes et un financement de la Fondation de l’Avenir, qui soutient la recherche clinique et l’innovation en santé. Résultats attendus pour fin 2027.

Ce travail vise également à sensibiliser les professionnels à la recherche de solutions innovantes en psychiatrie, en valorisant des approches thérapeutiques moins conventionnelles.

1– Sanagustin D., Martin-Subero M., Hogg B., Fortea L., Gardoki I., et al., Prevalence of clozapine-induced sialorrhea and its effect on quality of life, Psychopharmacology, 2023, 240(1), 203-211.

2–ArnalE.,MagremanneM.,Usagedessialomodulateurs,EMC Chirurgie oraleetmaxillofaciale,2020,33,1

3– Cuvelier E., Gressier B., Fovet T., Simon N., Décaudin B., Amad A., Prise en charge de l’hypersialorrhée iatrogène : Revue de lalittérature et recommandations pratiques, L’Encéphale, 2022, 48(6), 700-711.

Ce projet de recherche est mené par : Dr. Adeline Egron, pharmacienne ; Nathalie Cuadrado, ergothérapeute ; Dr. Valentin Cousté, médecin généraliste ; Dr. Jan Khayyam, psychiatre.