La restitution de la « Mission Flash » sur les infirmiers en pratique avancée a eu lieu ce mercredi 8 juillet 2026 à l’Assemblée nationale. La Commission des affaires sociales et les rapporteurs de cette Mission* en présence des représentants des différents groupes politiques, ont préconisé 20 recommandations pour inscrire le métier d’IPA dans une réalité qui correspond réellement à sa pratique sur le terrain, aux attentes des besoins de notre système de santé et à la qualité des parcours patients et à leur efficience.
Dix ans après la création de ce nouveau métier d’infirmier en pratique avancée, le bilan reste très mitigé en termes d’attendus. On compte au 1er janvier 2026 seulement 4 000 IPA en exercice (400 en exercice libéral) et 2000 étudiants IPA en formation. La pratique avancée est certes une réalité sur le terrain mais son développement reste freiné par un cadre de formation et de structuration inchangé depuis 2018. Selon la Mission Flash, nombre de sujets méritent d’être rapidement reconsidérés – formation initiale, coût, diplômation, évolution des mentions, approche populationnelle, création de postes sur le terrain (hôpital, ville), situation particulière dans les outremers, rémunération, recherche… afin que le métier d’IPA – qui n’est pas là pour remplacer celui de médecin -, trouve sa réelle place, et que ses missions et compétences élargies s’exercent en toute complémentarité, – et reconnaissance – avec celles de l’ensemble des professionnels de santé.
La présentation du rapport par les rapporteurs est disponible sur ce lien mais aussi sur youtube

L’union nationale des infirmiers de pratique avancée (UNIPA) n’a pas tardé à réagir, saluant « une convergence de constats » et appelant « à une reconnaissance statutaire et salariale des IPA sans délai« . Lire le communiqué de l’UNIPA.
« L’UNIPA tient à remercier la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale d’avoir initié cette mission flash consacrée aux Infirmiers en Pratique Avancée. Nous adressons également nos sincères remerciements aux quatre rapporteurs – Anchya Banama, Josiane Corneloup, Nicole Dubré-Chirat et Stéphane Viry – pour la qualité de leurs travaux, leur écoute attentive tout au long des auditions et la considération portée à la pratique avancée infirmière. Ces échanges ont permis de mettre en lumière l’expertise des IPA, leur engagement quotidien auprès des patients et leur contribution essentielle à l’amélioration de l’accès aux soins et à la transformation de notre système de santé.
À la lecture des conclusions de la mission, l’UNIPA se félicite de constater que de nombreux constats et recommandations rejoignent les analyses et les propositions qu’elle porte depuis plusieurs années auprès des pouvoirs publics. Cette convergence confirme que les freins au déploiement de la pratique avancée sont aujourd’hui bien identifiés et que les leviers pour y répondre sont désormais largement partagés. L’UNIPA regrette toutefois que deux enjeux majeurs pour l’avenir de la profession n’aient pas fait l’objet de recommandations.
La première concerne la revalorisation des grilles indiciaires des Infirmiers en Pratique Avancée dans la Fonction publique hospitalière, pourtant déjà mise en avant dans l’Audit flash de juillet 2023 de la Cour des comptes. Il n’est plus acceptable que des professionnels titulaires d’un diplôme de grade master, exerçant des responsabilités cliniques avancées et contribuant directement à l’amélioration de l’accès aux soins, ne bénéficient pas d’une reconnaissance statutaire et salariale à la hauteur de leurs compétences. Cette situation nuit à l’attractivité de la profession et compromet durablement le développement de la pratique avancée.
La seconde porte sur la création de grilles statutaires spécifiques aux IPA dans les Fonctions Publiques de l’État et Territoriale. L’absence de cadre statutaire dédié entretient des inégalités de traitement entre les différents versants de la Fonction Publique et freine le déploiement des IPA dans de nombreux secteurs où leur expertise est pourtant indispensable. Cette reconnaissance ne peut plus être différée.
L’UNIPA restera pleinement mobilisée aux côtés des parlementaires, du Gouvernement et de l’ensemble
des acteurs de santé afin que les recommandations de cette mission se traduisent rapidement en avancées
concrètes. Les IPA constituent une réponse essentielle aux enjeux d’accès aux soins, de prévention, de
suivi des maladies chroniques et d’évolution de notre système de santé. »
*Vice-président Hadrien Clouet, député du groupe La France insoumise – Nouveau Front Populaire (Haute-Garonne, 1ere circonscription) et rapporteurs Stéphane Viry, député du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires – Anchya Bamana, député Rassemblement national (Mayotte) – Nicole Dubré-Chirat, député Ensemble pour la République (Maine-et-Loire – 6e circonscription) – Josiane Corneloup , députée du groupe Droite Républicaine Saône-et-Loire (2e circonscription).










