Schizophrénie et troubles psychotiques : lancement d’une commission internationale d’experts

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La revue The Lancet annonce le lancement d’une commission internationale de chercheurs et de cliniciens de premier plan, coprésidé par Marion Leboyer (France) et Michael Berk (Australie). Objectifs : établir la synthèse des connaissances sur la schizophrénie et les troubles psychotiques et proposer des recommandations et une feuille de route des recherches à mettre en place. Communiqué.

Cette initiative majeure a pour ambition de faire progresser les connaissances scientifiques, d’améliorer la prise en charge clinique et de contribuer à orienter les politiques de santé publique et les stratégies de recherche concernant l’un des troubles psychiatriques les plus complexes et les plus insuffisamment pris en compte.

La schizophrénie et les troubles psychotiques apparentés touchent environ 23 millions de personnes dans le monde (soit environ 1 personne sur 345) et sont associés à des conséquences sanitaires, sociales et économiques majeures. Malgré d’importantes avancées en génétique, neurobiologie, épidémiologie et thérapeutique, des lacunes importantes persistent en matière de diagnostic, de prévention, de prise en charge à long terme et de compréhension par le grand public. Dans les pays développés, la schizophrénie représente entre 1,5 % et 3 % des dépenses de santé.

Cette initiative est détaillée dans un Commentaire publié par The Lancet le 21 mai 2026, intitulé Announcing the Lancet Commission on schizophrenia and psychotic disorders, co-signé par Marion Leboyer (UPEC, AP-HP, Inserm, Fondation FondaMental, directrice scientifique du Programme de recherche français en psychiatrie de précision PEPR PROPSY – France), Michael Berk (Deakin University et Barwon Health – Australie), Bruno Pedraz-Petrozzi (Fondation FondaMental, Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg, PEPR PROPSY – France/Allemagne) et Moritz Spangemacher (Central Institute of Mental Health, University of Heidelberg – Allemagne. 

Mieux articuler recherche et prise en charge

Pour répondre à ces enjeux, la Commission réunira données scientifiques, expertise clinique et contribution des personnes concernées afin de proposer une vision intégrée des troubles psychotiques et de leur prise en charge. Au-delà d’un état des lieux scientifique, la Commission ambitionne de proposer une feuille de route concrète face à un enjeu majeur de santé publique.

Le rapport final fournira des recommandations pratiques et fondées sur les preuves à destination des professionnels de santé — médecins généralistes, psychiatres et autres spécialistes — une synthèse des recherches et une vision stratégique des études à mener ainsi que des contenus accessibles et pédagogiques pour les patients, leurs proches et les décideurs publics à travers le monde. 

Une approche globale centrée sur les personnes concernées

La Commission reconnaît les recouvrements fréquents entre schizophrénie, trouble bipolaire, dépression majeure et autres syndromes psychiatriques. Elle adoptera ainsi une approche intégrée visant à dépasser les catégories diagnostiques strictes afin de mieux refléter la complexité des troubles psychotiques.

Les personnes concernées, leurs proches et les associations de patients occupent une place centrale dans les travaux de la Commission. Leur participation contribuera à l’interprétation des données scientifiques et garantira que les recommandations soient socialement pertinentes, réalisables et porteuses d’impact.

La Commission entend également lutter contre la stigmatisation, les discriminations, l’exclusion sociale et les inégalités d’accès aux soins, avec une attention particulière portée aux territoires où les services de santé mentale demeurent limités ou insuffisamment financés.

Les Core Experts qui composent cette Commission

Le rapport final de la Commission dressera un état des lieux des avancées scientifiques et cliniques majeures dans le champ de la schizophrénie, tout en mettant en lumière les zones d’ombre qui subsistent et les priorités qui devront guider la recherche et les pratiques cliniques au cours de la prochaine décennie.

Les travaux de la Commission seront structurés autour de neuf grands chapitres portant notamment sur la validité des diagnostics, les trajectoires et stades évolutifs de la maladie, l’épidémiologie et les facteurs de risque, les mécanismes biologiques et biomarqueurs, les comorbidités psychiatriques et somatiques, la stigmatisation et les réponses sociétales, les traitements, les recommandations cliniques et de santé publique, ainsi que les priorités de recherche pour les années à venir.

Afin de garantir une couverture exhaustive de ces thématiques, plusieurs experts internationaux ont été nommés responsables scientifiques et rédactionnels et coordonnent chacun un groupe d’experts sur la thématique dont ils sont responsables :

  • Peter Falkai (Allemagne) : Professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich, porte-parole des Centres allemands pour la santé mentale (DZPG)
  • Alison Yung (Australie) : Médecin, NHMRC Research Leadership Fellow et professeure de psychiatrie à l’Institute for Mental and Physical Health and Clinical Translation (IMPACT), Deakin University
  • Maxime Taquet (Royaume-Uni) : MSc BM BCh MRCPsych PhD, professeur associé à l’Université d’Oxford
  • Rob McCutcheon (Royaume-Uni) : MRCPsych, PhD, professeur associé et psychiatre consultant à l’Université d’Oxford
  • Dan Siskind (Australie) : MBBS, MPH, PhD, FRANZC, psychiatre clinicien universitaire au Metro South Addiction and Mental Health Service et professeur de psychiatrie à l’Université du Queensland
  • Nicola Reavley (Australie) : Principal Research Fellow à la Melbourne School of Population and Global Health
  • Mark Weiser (Israël) : division de psychiatrie du Sheba Medical Center et professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv
  • Andreas Meyer-Lindenberg (Allemagne) : professeur et directeur du département de psychiatrie et psychothérapie de l’Université de Heidelberg, CEO et directeur médical du Central Institute of Mental Health de Mannheim

En réunissant des experts internationaux, une approche interdisciplinaire et l’expertise des personnes concernées, la Commission entend faire évoluer la compréhension, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychotiques à l’échelle mondiale, tout en contribuant à lutter contre la stigmatisation, les discriminations et l’exclusion sociale.

Programme français de recherche en psychiatrie de précision – PEPR PROPSY
Le programme de recherche en psychiatrie de précision PEPR PROPSY est copiloté par l’Inserm et le CNRS, avec l’appui de la Fondation FondaMental, dans le cadre du plan d’investissement France 2030.
La direction scientifique est assurée par le Pr Marion Leboyer, accompagnée du Dr Boris Chaumette en qualité de directeur scientifique adjoint. Le PEPR PROPSY a pour ambition de favoriser le déploiement de la médecine de précision pour cinq des troubles les plus invalidants : les troubles bipolaires, les dépressions résistantes, les schizophrénies, les troubles du spectre de l’autisme et les premiers épisodes psychotiques.
Treize projets ciblés ont été retenus pour financement. Ils sont complétés par des appels à projets opérés par l’Inserm ou l’ANR.
• Pour en savoir plus sur le site de PEPR PROPSY

Communique de presse, Fondation Fondamental, Fondation Sisley-d’Ornano, 24 mais 2026