Prix Precision Mind sur les biomarqueurs en psychiatrie : qui sont les lauréats ?

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Le 13 avril 2026 à Londres, la société Wakam, le réseau de collaboration en recherche translationnelle sur la santé mentale du National Institute for Health and Care Research (NIHR) et la Fondation FondaMental ont dévoilé les lauréats du Prix Precision Mind. Lancé en novembre 2025 dans le cadre du consortium franco-britannique sur la recherche de biomarqueurs en psychiatrie, ce prix récompense des projets de recherche collaboratifs entre les deux pays portant sur l’identification et la validation de biomarqueurs pour les maladies mentales. La sélection des lauréats a été effectuée par un comité scientifique indépendant. Communiqué.

Selon l’OMS, plus d’un milliard de personnes sont affectées par une maladie mentale. Dépressions, troubles bipolaires, schizophrénies… : ces pathologies figurent parmi les premières causes de handicap dans le monde et réduisent l’espérance de vie de 10 à 20 ans. Pourtant, faute de biomarqueurs objectifs et quantifiables – marqueurs sanguins, digitaux, imagerie… – permettant d’identifier de façon précise une maladie, le diagnostic est souvent tardif et les traitements insuffisamment personnalisés. 

C’est pour accélérer cette transformation que la société Wakam et la Fondation FondaMental, rejoints par le réseau de collaboration en recherche translationnelle sur la santé mentale du National Institute for Health and Care Research (NIHR), ont créé le Prix Precision Mind dans le cadre de ce consortium franco-britannique. Cette initiative s’inscrit dans le sillage de la création d’un consortium dédié à la recherche de biomarqueurs des maladies neurodégénératives (Dementia Discovery Fund) qui a contribué à l’identification des marqueurs sanguins des maladies d’Alzheimer et de Parkinson. La psychiatrie peut et doit connaître le même succès. 

Lauréat n°1 – dotation Wakam : AUTOSCREEN – Quand le système immunitaire s’attaque au cerveau : détecter les psychoses d’origine auto-immune 

Porteurs du projet : Dr Adam Al-Diwani (Université d’Oxford, Royaume-Uni) & Dr Laurent Groc (CNRS / Université de Bordeaux, France) 

Certaines formes de psychose apparaissent brutalement, avec des symptômes atypiques, et résistent aux traitements classiques. Le projet AUTOSCREEN explore une hypothèse prometteuse : et si ces psychoses étaient provoquées par un dérèglement du système immunitaire ? Dans certains cas, l’organisme produirait des auto-anticorps qui attaquent par erreur les cellules du cerveau, perturbant son fonctionnement et entrainant l’apparition de psychoses auto-immunes

Comment ? 

Au Royaume-Uni : des neurones humains cultivés en laboratoire à partir de cellules souches pour observer directement si les anticorps présents dans le sang des patients attaquent les cellules du cerveau. 

À Bordeaux : une microscopie « super-résolue » permettra de détecter et d’étudier les auto-anticorps à l’échelle nanométrique, offrant une vision sans précédent des mécanismes biologiques en jeu. 

Objectif final : identifier des signatures biologiques caractéristiques des patients dont la psychose a une origine immunitaire, pour leur proposer des thérapies immunologiques ciblées en complément des médicaments psychiatriques habituels. 

Lauréat n°2 – dotation du réseau de collaboration en recherche translationnelle sur la santé mentale du NIHR : Profil immuno-métabolique de l’anhédonie – Pourquoi certains patients ne ressentent-ils plus aucune motivation ni plaisir ? 

Porteurs du projet : Dr Mireille Laforge (NeuroDiderot – INSERM, IHU-ICE Robert Debré- Paris, France) & Dr Fabiana Corsi-Zuelli (Université d’Oxford / UKRI-MRC, Royaume-Uni). 

Dépression, troubles bipolaires, troubles psychotiques : certaines formes de ces maladies partagent un symptôme commun particulièrement invalidant : l’anhédonie, c’est-à-dire la perte de la capacité à ressentir du plaisir ou de la motivation. Ce symptôme est souvent le plus résistant aux traitements et celui qui dégrade le plus la qualité de vie des patients. Des recherches récentes suggèrent qu’il pourrait être lié à une inflammation chronique de faible intensité dans le corps, qui perturberait le métabolisme des cellules immunitaires. 

Comment ? 

Au Royaume-Uni : des analyses biologiques approfondies sur des échantillons sanguins, dans le but d’identifier des signatures moléculaires associées à la sévérité de l’anhédonie. 

À Paris : des techniques de pointe pour observer en détail les cellules immunitaires et de mesurer leur signature bioénergétique, pour comprendre en quoi elles fonctionnent différemment chez les patients touchés. 

L’originalité de l’approche : s’intéresser à l’anhédonie quelle que soit la maladie psychiatrique dont souffre le patient. À terme, des traitements ciblant spécifiquement ce symptôme, via l’inflammation ou le métabolisme, pourraient compléter les stratégies thérapeutiques classiques. En collaboration avec la Dr Livia Carvalho 

(Queen Mary, Londres), ce projet s’appuie sur la UK Mental Health Platform (MHP), une infrastructure nationale financée par l’UKRI/MRC et conçue pour permettre une recherche biologique et clinique harmonisée en santé mentale. Le financement de la dotation pour le Prix Precision Mind provient du NIHR (Institut national pour la recherche en santé et en soins), via le groupe de collaboration en recherche translationnelle sur la santé mentale du NIHR (MH-TRC). Le MH-TRC.

Communiqué de presse, Fondation Fondamental, 14 avril 2026.