Etudes de santé : le gouvernement revient à la voie unique pour la première année

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Le gouvernement fait machine arrière et veut rétablir une voie unique pour la première année d’études de santé. Il renonce ainsi au double système mis en place en 2020, jugé trop complexe, opaque et source d’un stress excessif pour les étudiants et leurs familles. Bien que la réforme de 2019 ait permis de diversifier les profils et de limiter les redoublements inutiles, le gouvernement reconnaît aujourd’hui la nécessité d’une évolution vers un modèle plus harmonisé, lisible et équitable sur l’ensemble du territoire national.

« Le dispositif [actuel] (voir notre encadré) a apporté des avancées réelles — moins de redoublements inutiles, une plus grande diversité des profils — mais il a aussi engendré une complexité devenue insupportable pour les étudiants et leurs familles », justifie le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste. Depuis l’université Paris-Cité, avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, ils ont annoncé le 17 avril les évolutions de l’organisation de la première année des études de santé.

Le gouvernement souhaite ainsi en finir avec le PASS et la LAS, deux acronymes qui conduisent aujourd’hui nombre d’élèves de terminale et de parents à s’arracher les cheveux devant un système qui propose deux voies d’accès vers les études de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie. Le parcours d’accès spécifique santé (PASS) est une voie proche de la première année de médecine traditionnelle, et la licence avec option santé (LAS) une deuxième voie, permettant d’étudier une autre matière majeure – scientifique ou plus éloignée comme le droit ou l’économie – que santé, tout en gardant la possibilité d’intégrer, en cas de bons résultats, une telle filière, et en particulier médecine. Ces deux filières vont donc fusionner.

Nouveau dispositif

Annoncée pour la rentrée de 2027, cette nouvelle voie unique reposera sur « trois blocs équilibrés » de matières enseignées : deux de ces blocs seront dédiés à la santé, le premier concentré sur les « connaissances scientifiques fondamentales » communes aux cinq filières, selon un « programme allégé, recentré sur l’essentiel ». Le second bloc santé sera, lui, consacré aux « compétences psychosociales, communication, éthique, sciences humaines et sociales ». Enfin, un bloc disciplinaire selon le choix d’une licence annexe est mis en place, sur le modèle de la LAS.

A l’issue de cette première année, l’étudiant pourra donc tenter d’accéder à l’une des cinq filières de santé, à condition d’avoir validé un niveau minimum dans les deux blocs « santé » et « disciplinaire« . En cas d’échec, (s’il ne réussit pas intégrer médecine ou l’une des autres filières), il pourra poursuivre en deuxième année de licence, et retenter sa chance à l’issue de cette deuxième année. Le nouveau dispositif garde ainsi l’un des principaux apports de la LAS, l’ouverture à d’autres matières que celles strictement de la santé. Il laisse aussi la possibilité aux étudiants d’accéder à une autre licence s’ils échouent à intégrer une filière de santé. « Les étudiants et les familles ont besoin de plus d’équité et d’accompagnement », a souligné la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, convenant que« des points techniques (…) restent à préciser ».

Loi santé 2019 : petit rappel des faits 

La réforme de 2019, officiellement entrée en vigueur à la rentrée 2020, a marqué un tournant dans les études de santé en France en supprimant la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé) et son système de "numerus clausus". Ce dernier fixait un nombre très limité de places au niveau national, ce qui entraînait un taux d'échec massif et de nombreux redoublements sans équivalence pour les étudiants non admis.
Pour remédier à cela, la réforme a instauré deux nouvelles voies d'accès : le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) et les LAS (Licences Accès Santé). L'idée centrale était de diversifier les profils des futurs soignants en permettant à des étudiants venant de filières variées (droit, économie, lettres, etc.) d'intégrer médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie. Elle visait également à offrir une "seconde chance" en permettant aux étudiants de poursuivre leur licence en cas d'échec au concours, évitant ainsi le sentiment de "tout ou rien" caractéristique de l'ancien système. Enfin, la gestion des capacités d'accueil a été transférée aux universités, en lien avec les agences régionales de santé, pour mieux s'adapter aux besoins locaux sous un nouveau mécanisme appelé numerus apertus (nombre ouvert).

Pour en savoir plus :

La réforme de la première année : vers une simplification de l’accès aux études de santé.