Covid-19 : certaines professions davantage affectées psychologiquement

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Le secteur des activités financières et assurances et celui des arts, spectacles et activités récréatives se révèlent davantage à risque de développer un état anxieux en lien avec la crise sanitaire, selon une étude du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) qui s’intéresse aux répercussions psychiques de la covid-19 sur les actifs. Des résultats qui incitent à développer des « interventions ciblées ». Résumé des auteurs.

Des mesures de distanciation sociale plus ou moins strictes ont été mises en place depuis le 17 mars 2020 (date de mise en place du premier confinement) afin de limiter la propagation du SARS-CoV-2. Ces mesures ont impacté les conditions de travail à des degrés variables. Ont alors pu émerger de nouvelles sources de risque pour la santé mentale. La présente étude visait à suivre l’évolution de l’anxiété et de la dépression dans la population active occupée et à identifier les sous-groupes les plus touchés. Elle constitue une première étape dans l’élaboration d’interventions ciblées.

Méthodes – Les données proviennent de l’enquête Coviprev en population générale. Lors de chacune des
vagues d’enquête, un échantillon indépendant de 2 000 personnes âgées de 18 ans et plus résidant en France
métropolitaine a été interrogé par Internet. Dans le cadre de cette étude, seuls les actifs occupés ont été sélectionnés (personnes travaillant in situ, à domicile, au chômage partiel ou en arrêt de travail). Cette population représentait entre 52 et 55% de l’échantillon total selon la vague considérée. Les données présentées dans cet article sont issues des vagues 1 (23 au 25 mars) à 19 (14 au 16 décembre 2020).

Résultats – La prévalence des états anxieux était de 30,5 % lors de la vague 1. Elle a ensuite connu une baisse significative jusqu’à la vague 3 (14 au 16 avril) avant de rester à des niveaux stables, mais relativement élevés. Pour la dépression, la prévalence était de 20,9 % en vague 2. Elle a connu une baisse significative avec la période du déconfinement avant de ré-augmenter de façon significative en octobre aux alentours du
second confinement.
– Sur l’organisation du travail : être en arrêt de travail par rapport au travail in situ était associé à un risque
accru de présenter un état anxieux uniquement pour les hommes. Pour les deux sexes, travailler in situ était
associé à un plus faible risque de présenter un état dépressif par rapport au fait de travailler à domicile, d’être en chômage partiel ou en arrêt de travail.
– Les analyses par secteur mettent en avant un risque plus élevé de présenter un état anxieux parmi les travailleurs des secteurs des activités financières et assurances, et des arts, spectacles et activités récréatives. À l’inverse, ce risque était plus faible pour les travailleurs de la santé humaine et de l’action sociale, de l’administration publique et des activités spécialisées et scientifiques. Le risque de présenter un état dépressif était quant à lui plus important parmi les travailleurs de l’enseignement et plus faible parmi les travailleurs du secteur de la santé humaine et de l’action sociale.

Conclusions – Nos résultats montrent que les prévalences de symptomatologies anxieuses et dépressives sont restées élevées sur l’ensemble de l’année 2020 chez les actifs occupés. Il semble qu’une vigilance particulière doit être apportée à certaines catégories de population comme les personnes en arrêt de travail et plus globalement auprès des travailleurs des secteurs des arts, spectacles et autres activités récréatives, et de l’enseignement.

• Evolutions des symptomatologies anxieuses et dépressives et leurs factuers associés chez les actifs occupés en France métropolitaine en 2020. BEH covid-19 n°13, 23 novembre 2021.