Faciliter l’accès au vaccin pour les patients psychiatriques suivis en ambulatoire

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Selon de remontées de terrain, il est urgent d’amplifier la campagne de vaccination à destination des patients suivis en psychiatrie, notamment ceux en ambulatoire, « à haut risque » et qui « accèdent moins facilement aux plateformes de vaccination ». Dans ce communiqué, des membres de la cellule psychiatrie-covid (DGOS/Groupe opérationnel de la psychiatrie) dressent un état des lieux et font des propositions pour harmoniser et accélérer la stratégie nationale en ce sens. Extraits.

Lors de la séance du 15-Avril 2021réunissant les membres de la cellule psychiatrie-Covid (Direction de l’offre de soin-DGOS et Groupe opérationnel de la psychiatrie-GOP, rattaché à la Commission nationale de la psychiatrie), les constats suivants ont été rapporté:

« De nombreux professionnels de santé issus de la psychiatrie alertent depuis plusieurs semaines sur une aggravation de la santé mentale de la population générale et plus particulièrement sur la situation très préoccupante des adolescents et des jeunes adultes. (…) Les conséquences psychiatriques faisant suite à la situation sanitaire ne sont plus contestables et exigent aussi une prise en charge des troubles afférents. (…)

– A une « montée en charge de l’activité », s’ajoutent « la gestion du risque infectieux au sein des unités de soins ».

– L’enquête flash à l’initiative de la conférence des Présidents de CME des CHS rapporte que la vaccination contre la COVID a été effective dès début janvier pour les professionnels et les personnes âgées résidant dans les structures de soins. (…) Dans de nombreux établissements, la mobilisation importante des professionnels de santé (médecins généralistes, psychiatres, infirmiers) et les organisations mises en place avec les ARS ont été autant d’atouts pour intensifier la campagne de vaccination au bénéfice des patients hospitalisés à temps complet ou partiel. (…)

– Des disparités demeurent entre les établissements avec des écarts qui se sont creusés par rapport au nombre de patients vaccinés. Ces disparités inquiètent de nombreux professionnels de la psychiatrie. Les approvisionnements des vaccins dans certaines régions, les organisations, les circuits de distribution et les réalités des territoires ont été des éléments mis en avant lors de la séance du 15-04 du groupe « Psychiatrie-Covid » animée par la DGOS et le GOP.

– Les patients psychiatriques suivis en ambulatoire doivent pouvoir bénéficier d’un accès simplifié à la vaccination. Ils sont à haut risque et accèdent moins facilement aux plateformes de vaccination implantées en ville.  (…) Pour ces patients, la prise de rendez-vous, l’accompagnement personnalisé, l’organisation sur mesure sont des gages de réussite pour assurer un schéma vaccinal à deux doses. Il est impératif de mettre en place ces aides à l’intention d’un public de patients cumulant souvent des troubles cognitifs et un isolement psycho-social.

– La multiplication des centres de vaccination aide aussi les malades psychiatriques. Cependant, la lisibilité et la visibilité de la politique vaccinale à l’intention des personnes souffrant de troubles psychiques méritent d’être améliorées. Les centres réalisant les vaccinations doivent être au fait des spécificités cognitives et comportementales des malades pris en charge notamment par la psychiatrie publique.

– (…) il est important que le critère âge soit levé. Nous demandons que l’ensemble des malades psychiatriques, particulièrement vulnérables, soit prioritaire pour la vaccination anticovid.

– (…) Le fléchage des doses en faveur des patients en psychiatrie est une demande forte des établissements autorisés en psychiatrie pour accélérer et accompagner la vaccination pour ce public ; l’homogénéisation de l’attribution de doses dans les régions pour ces patients éligibles doit être soutenue.

– Dès que les points de vigilance seront levés par les autorités sanitaires de régulation, les professionnels en psychiatrie pourraient être prioritaire pour disposer du vaccin Janssen à « une dose », au vu de la vulnérabilité et la précarité des patients. Cette demande dépendra malgré tout du profil de tolérance qui sera confirmé pour le vaccin en question. La vaccination des professionnels constitue un autre un enjeu fort pour notre système de santé et nous devons collectivement nous mobiliser pour atteindre cet objectif. C’est ce que nombre d’établissement ont déjà mis en œuvre avec des taux de vaccinations dépassant souvent les 50%.

Lire le communiqué intégral en pdf.