Gros coup de blues à l’hôpital…

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ENQUÊTE. Conditions de travail dégradées, manque de reconnaissance, stress, déprime… les soignants en ont marre et le font savoir…

ENQUÊTE. Conditions de travail dégradées, manque de reconnaissance, stress, déprime… les soignants en ont marre et le font savoir…

La Fédération CFDT santé sociaux s’est engagée depuis octobre 2010 à enquêter sur les conditions de travail des soignants de la fonction publique hospitalière (infirmiers, aides-soignants, agents de service hospitaliers). Elle a ainsi recueilli 38 455 réponses sur 492 établissements publics : un véritable cri de détresse ! L’enquête montre que les personnels soignants ressentent une forte dégradation de leurs conditions de travail (pour 77 %) et que pour 71 % d’entre eux cela a un impact sur leur santé. De nombreux paramètres amènent ou conduisent à une défaillance collective : budgets en baisse, modes de management inadaptés, conflits générationnels, absentéisme, organisation du travail… Si l’analyse ne peut se limiter à parler de réorganisation, celle-ci est pourtant réclamée par 67 % des agents. Quant au manque de reconnaissance dans le travail, seuls 17 % des personnels se sentent reconnus. Les témoignages sont éloquents : « J’ai le sentiment d’être devenue plus administrative que soignante »; « On est obligé de réaliser notre travail à la chaîne avec très peu de temps auprès des patients et des familles »; « J’apprécie mon travail mais le rythme est trop dense et génère du stress »; « Je n’en peux plus de travailler dans l’insécurité pour les patients et pour nous-mêmes »; « le planning le 25 pour le mois suivant… Y’en a marre! »; « Depuis la mise en place des pôles nous sommes des pions. Il n’y a plus de vie d’équipe »; « Je ne prends que trop rarement mon temps de pause, à la longue mon organisme se fatigue »… Pour la CFDT-santé-sociaux, « on va vers une “résignation” des agents, ce qui peut être encore plus grave qu’une “explosion” ». La fédération qui propose de nombreuses pistes d’amélioration (réunion trimestrielle où chacun s’exprime en toute liberté, mise en oeuvre d’indicateurs pour mesurer les causes réelles de l’absentéisme, adapter les secondes parties de carrière, associer l’ensemble des personnels dans toutes les formes de réorganisation/restructuration…) insiste donc sur la « responsabilité sociale » des directeurs d’établissements mais aussi des pouvoirs publics, soulignant la nécessité d’une une véritable politique de
« bien-être au travail ». Xavier Bertrand a les résultats de l’enquête entre les mains…

Enquête disponible sur www.fed-cfdt-sante-sociaux.org