Mécanisme de défense fréquemment rencontré en clinique psychiatrique, le déni est souvent invoqué : il compromettrait l’alliance thérapeutique, serait responsable de la non-observance et des rechutes… Déni de la maladie, déni de grossesse ou dans l’anorexie, déni de l’agresseur sexuel ou du meurtrier… Comment le soignant peut-il appréhender ce mécanisme ? Mensonge, dénégation, refoulement, clivage, comment se repérer ? Sans chercher à confronter le patient à une réalité dont il ne veut et ne peut rien savoir, le soignant doit s’attacher à envisager finement le contenu du déni et ses effets.

Le déni
Au sommaire de ce dossier
Le déni pour survivre
Le déni est un mécanisme de défense du moi, qui rejette hors du champ psychique toute donnée menaçante. S’il est présent au cours du développement psychique ordinaire du sujet, il prend un caractère pathologique dans les structures perverses et psychotiques. Introduction à une notion riche et souvent mal comprise.
Le choc du déni, la paix trompeuse du clivage
Déni et clivage sont la potion amère et le pain quotidien des soignants qui prennent en charge des patients états-limites ou psychotiques. Il faut engager un effort de compréhension clinique globale pour tenter de se représenter à quoi échappent ces patients qui écartent la réalité.
Le miroir du déni
Si le déni est souvent considéré comme le résultat d’un traumatisme, il résulte aussi d’un ordre social : la société est en effet basée sur une dissociation du naturel et du culturel, que l’individu intègre via l’éducation.
Danser avec le déni ?
En psychiatrie, on peut adopter différentes stratégies pour proposer de l’éducation thérapeutique à un patient dans le déni. Au préalable, le soignant devra explorer finement le contenu et le degré de ce déni.
Entretien motivationnel : de la résistance à la «discorde»
Au lieu de parler de la « résistance » du patient à changer, Miller et Rollnick, les concepteurs de l’entretien motivationnel, proposent aujourd’hui le terme de « discorde ». Une évolution qui permet de mettre l’accent sur une capacité à changer mise en difficulté ou empêchée.
Déni et paradoxes dans l’anorexie
De manière constante, une personne anorexique est dans le déni de son apparence, de son comportement alimentaire, de son besoin de nourriture et de sa souffrance émotionnelle. Le soignant doit tenter de la rejoindre dans ses paradoxes, mais sans devenir complice.
Clinique du déni de grossesse
Le déni de grossesse est un trouble de la gestation psychique, dont l’enjeu constant est de nier la grossesse et la présence de l’enfant. Ce processus extrêmement actif se situe dans l’inconscient. Repères théoriques et cliniques.
Le déni dans le suivi d’agresseurs sexuels
« Je ne suis pas coupable ! » La plupart du temps, les détenus auteurs de violences sexuelles nient leurs actes. Pour installer une alliance thérapeutique, le clinicien doit déployer différentes stratégies et exploiter le déni non comme un frein, mais comme un repère et un outil.
«C’est moi … et c’est pas moi»
Certains crimes paraissent commis par des sujets en états dissociatifs, incapables de relier leur passage à l’acte violent avec leur vie et leurs comportements habituels. Le suivi thérapeutique devra interroger ce clivage du moi et lui donner sens.
Bibliographie du n°240
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