12 Novembre 2026 - Paris

L’accident un trauma sans coupable. Et après ?

FacebookXBlueskyLinkedInEmail

Journée de l’Alfest

Le psychotraumatisme doit-il être envisagé spécifiquement, lorsque le choc répond d’une logique fortuite, dénuée d’intention volontaire agressive ?

Alors que la causalité caractérise ontologiquement le psychotraumatisme, seule affection psychopathologique déterminée par un évènement précis, certaines catégories étiologiques séparent radicalement les notions de cause et
d’intentionnalité : si cette dé-coïncidence apparaît simple à admettre intellectuellement, en va-t-il de même émotionnellement, pour le sujet traumatisé comme pour la société ? S’intéresser à « l’accident », à son avenir psychique, à son devenir juridique le cas échéant, permet d’estimer cette complexité évoluant entre corrélation et indépendance, déterminisme et hasard. Les accidents peuvent même confondre la différenciation entre victime et auteur ; d’ampleur, ils entremêleront aussi les problématiques individuelles et collectives dans la compréhension des diverses responsabilités.

Quel statut « l’accident » a-t-il dans l’inconscient ? Comment les distinctions juridiques qui définissent une responsabilité non intentionnelle, en cas d’imprudence, de négligence, rencontrent-elles les dynamiques psychiques et celles du soin ? Est-il d’ailleurs vrai que l’impact psychotraumatique s’avère plus délétère si le choc correspond à une agression intentionnelle ? Les chaînes de causalité, se centrant sur un responsable clairement désigné, demeurent certes lourdes et contraignantes, mais paraissent tout de même aménager une liberté de mouvement associatif et élaboratif au mal-être du blessé et/ou du survivant. En revanche, la reconstruction peut-elle intégrer le hasard ? Le sujet ne se trouvera-t-il pas d’autant plus nu et fragile, désespérément exposé aux coups du destin, s’il doit admettre, sur ce qui lui
est arrivé, une absence d’intentionnalité extérieure autant qu’intérieure ?

Il faudrait souffrir alors de n’être qu’un être ressentant, un être de chair renvoyé à son existentielle vulnérabilité ? Le soin demeure un humanisme, redressant le sujet souffrant dans la communauté de ceux qui connaissent la douleur, certes, mais la reconstruction ne se laissera certainement pas réduire à une belle formule, à une thérapie de quelques mots ou passes.

Mieux revenir sur l’épicentre du trauma nécessitera d’abord de se décentrer singulièrement de l’événement, ce qui constitue la méthode de notre journée où nous invitons les sciences physiques et leur philosophie à poser le débat telles qu’elles l’ont déjà affronté : le hasard ressort-il d’une « cause que l’on ne connaît pas », ou bien d’une « contingence radicale » qu’il faut accepter ? Suivront, pour répondre aux multiples questions engagées par la causalité accidentelle, les exposés et analyses de « psychistes » et de juristes qui ne s’éloigneront jamais d’une volonté pragmatique, réparatrice et thérapeutique.

Informations pratiques :