Colloque 2027 de la Revue française de Psychanalyse
Un siècle après la parution de L’avenir d’une illusion, nous nous proposons d’en explorer l’actualité dans la société et la clinique contemporaines.
Freud pense le rôle social de la religion comme une illusion c’est-à-dire une croyance (vraie ou fausse) qui réalise un désir, celui de retrouver la protection paternelle ou le soulagement de la détresse infantile par la mère. La notion de « névrose universelle » interroge la possibilité d’une métapsychologie collective et les liens entre la réalisation hallucinatoire du désir dans l’illusion, le rêve et le symptôme. Comment l’illusion collective épargne-t-elle à l’individu la constitution d’un symptôme personnel ? Quelle est sa fonction ? Est-elle interprétable dans la cure ? La désillusion passe par la constitution d’un surmoi impersonnel à la fois protecteur et interdicteur, issu de la transmission du surmoi parental. Théorie et clinique du surmoi sont ainsi au cœur de L’avenir d’une illusion.
Exacte ou erronée, l’illusion ne se prête pas à la discussion et s’oppose à la science qui promeut le doute. Pourtant, les théories scientifiques (et psychanalytiques) peuvent, comme les théories sexuelles infantiles, émaner du désir. Le débat (par exemple celui de Freud avec son contradicteur imaginaire) et l’adresse à l’autre permettent de maintenir le doute et la conflictualité. Dans la cure, la conviction est indissociable de l’expérience du transfert. Celui-ci serait-il une illusion et son interprétation une désillusion ? Quand le transfert devient idéalisation plutôt qu’illusion comment éviter que l’analyse ne devienne suggestion ? Espérons donc que les multiples débats ouverts par L’avenir d’une illusion demeurent vifs.
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