L’intégration territoriale ne doit pas diluer les ressources de la psychiatrie !

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Les présidents de commissions médicales des EPSM alertent sur la perspective de fusion des établissements spécialisés en psychiatrie avec ceux de MCO, ce qui ravive les craintes de dilution des ressources au profit des activités MCO et au détriment de l’attractivité de la psychiatrie et des soins de ses patients. Communiqué.

La circulaire du 29 juillet 2026 sur la consolidation des GHT ouvre une nouvelle étape et suscite de nombreuses interrogations dans nos établissements. Elle pose la question de l’intégration, des mutualisations, de la coopération entre établissements. La psychiatrie ne peut pas vivre en dehors du territoire. Elle travaille avec les établissements MCO (médecine, chirurgie et obstétrique), la médecine de ville, le médico-social, les collectivités, les associations, les patients et leurs proches et ce depuis longtemps, car c’est aussi le sens de la politique de secteur. Mais coopérer ne veut pas dire disparaître. Nous ne refusons pas le territoire ; nous refusons que l’intégration territoriale devienne une dilution de la psychiatrie.

Dans un contexte de crise nationale de la psychiatrie, aggravée au cours de la décennie 2010 par une lourde perte de moyens financiers préjudiciable au recrutement des professionnels et au développement de leurs compétences, la perspective de fusion des établissements spécialisés en psychiatrie avec des établissements MCO ravive immédiatement les craintes de dilution des ressources de la psychiatrie au profit des activités MCO et au détriment de l’attractivité de la psychiatrie et des soins de ses patients, comme cela est constaté dans une majorité d’établissements multidisciplinaires, CH et CHU.

Face aux inquiétudes exprimées, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, s’est engagée à plusieurs reprises à préciser par écrit, l’exclusion des CHS des préconisations de la circulaire concernant les directions communes systématiques. Par courrier en date du 17 septembre, cela n’a finalement pas été le cas. Un cas en région préoccupe particulièrement les présidents de CME, l’EPSM Sud Finistère reste dans l’incertitude malgré son opposition ferme et une forte mobilisation.

Alors que nous sommes au coeur de la seconde année de Grande cause nationale Santé Mentale, le risque de disparition des établissements spécialisés en psychiatrie est bien là et cette logique est inacceptable !

Nous demandons l’engagement écrit de l’exclusion des établissements psychiatriques de la circulaire.

Signataires

  • François APPAVOUPOULLE, Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Établissement de Centres Hospitaliers Spécialisés en Psychiatrie
  • Marie-Noëlle PETIT, Présidente de l’Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d’Etablissements des Centres Hospitaliers (ANPCME)
  • Norbert SKURNIK – Stéphane BOURCET, Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)
  • Gabrielle ALLIO – Michel TRIANTAFYLLOU, Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)
  • Marie-José CORTÈS – Stéphane HENRIETTE, Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
  • Charles-Olivier PONS – Delphine GLACHANT, Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)

• « Seconde année de Grande cause nationale Santé mentale mais risque de disparition des établissements spécialisés en psychiatrie. une logique inacceptable« , 26 septembre 2026, Conférence des Présidents de CME de CHS Association Nationale des Psychiatres Présidents et vice Présidents de CME, IDEPP, SPEP, SPH, USP.