La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une nouvelle étude sur le besoin de répit des 5,9 millions de proches aidants qui apportent une aide à la vie quotidienne de leur proche vivant en logement ordinaire. Cette étude montre que les plus fortement mobilisés expriment plus souvent un besoin de répit et qu’une implication importante dans l’aide peut également être associée à une moins bonne santé, notamment mentale.
Besoin de répit : 36 % d’aidants concernés, en hausse marquée avec l’intensité de l’aide
Parmi les aidants à la vie quotidienne, le besoin de répit, désigné comme un temps permettant aux aidants de faire une pause dans l’aide apportée, est exprimé par 36 % des proches aidants, soit, 2,1 millions d’entre eux. Le besoin de répit augmente significativement avec l’intensité de l’aide apportée, qui est mesurée ici par le nombre et le type de tâches effectuées et le volume d’heures d’aide apporté. Environ un quart des personnes effectuant au maximum trois tâches d’aide différentes souhaitent des moments de pause contre plus de deux tiers de celles qui réalisent plus de huit tâches (graphique).
Les aides aux soins personnels (aider à manger ou boire, à se laver ou s’habiller…) et les aides à la mobilité (déplacements dans le domicile, lever et coucher du lit…) qui représentent des tâches physiques et techniques sont plus souvent associées à un besoin de répit que les aides aux tâches domestiques et organisationnelles (faire les courses, le ménage…).

Dans leur rôle d’aidant, les femmes déclarent plus fréquemment un besoin de répit que les hommes
41 % des femmes proches aidantes déclarent un besoin de répit contre 30 % des hommes. Lorsqu’elles expriment ce besoin, elles sont également plus nombreuses à souhaiter des moments de pause plus longs ou plus réguliers que ceux dont elles disposent déjà : 39 % contre 29 % des hommes.
Les parents aidants d’enfants en situation de handicap constituent un autre profil d’aidants qui déclarent un besoin de répit élevé : 51 % signalent en avoir besoin. 80 % des parents aidants cohabitent avec l’enfant aidé, une situation susceptible de limiter les possibilités de répit.
Parmi les aidants déclarant un besoin de répit, une grande majorité parvient à en prendre, mais souvent de manière jugée insuffisante
Parmi ceux qui expriment un besoin de répit, 49 % ne parviennent pas à en bénéficier dans des conditions jugées satisfaisantes : 35 % prennent des moments de pause mais jugés insuffisants et 14 % n’en prennent aucun. Lorsqu’ils prennent un temps de répit, celui-ci repose le plus souvent sur des arrangements peu institutionnalisés : les moments où la personne aidée peut rester seule (52 %) ou encore l’intervention de l’entourage ou de professionnels à domicile (47 %). Le recours à des solutions hors du domicile, dans des lieux dédiés comme l’accueil en établissement, est minoritaire (21 %).
Au-delà de la question du répit, un autre enjeu est celui des conséquences potentielles de l’aide sur leur propre santé. La seconde étude publiée par la Drees et l’IPP apporte un éclairage sur cette question à l’échelle européenne.
• Marteau B. (2026 septembre) Un aidant à la vie quotidienne sur trois exprime un besoin de répit, non satisfait pour la moitié d’entre eux. Études et résultats, n°1387.










