Entre récit autobiographique, stand-up et art clownesque, Patrick Loiseau transforme son expérience de bipolaire diagnostiqué sur le tard en une aventure théâtrale drôle et touchante qui fait beaucoup dans la déstigmatisation des troubles psychiques.
Peut-on rire de la bipolarité sans en minimiser la souffrance ? C’est tout le pari, réussi, de « Une vie deux fous », un spectacle aussi amusant qu’émouvant, qui choisit le théâtre et l’art clownesque pour raconter la maladie de l’intérieur.
À 60 ans, Patrick Loiseau découvre qu’il est bipolaire. Une révélation qui lui coûte son mariage, son travail et un long internement à l’hôpital Sainte-Anne, mais qui lui permet également de relire son histoire et de comprendre pourquoi sa vie a si souvent oscillé entre l’envie de gravir le Mont-Blanc et celle de ne plus quitter son lit.
Pour raconter cette existence de montagnes émotionnelles, le néo-comédien est venu accompagné de deux clowns, deux personnages – remarquablement – interprétés par Philippe Avocat et Tobias Ohana : Hypomanie et Dépression, ses deux « colocataires », ainsi qu’il les surnomme. L’un, tout en mouvements, muscles et sourires, déborde d’énergie, l’autre, hagard et pâle, tremble comme une feuille et peine à sortir de sa torpeur. Deux compagnons de vie plutôt envahissants, qui ont manifestement du mal à cohabiter et laissent peu de répit à leur hôte…
Avec une liberté de ton réjouissante, Patrick Loiseau raconte les bouleversements que la maladie a provoqués dans sa vie affective, familiale et professionnelle.
On rit beaucoup, parfois aux éclats. Et l’on est aussi profondément touché par la sincérité du témoignage. Car, derrière le rire et les bons mots, il y a une réalité douloureuse, racontée sans fard ni complaisance. Une façon singulière de faire tomber les préjugés, de rendre la bipolarité plus accessible et de rappeler que l’on peut parler de santé mentale autrement qu’avec gravité. Une vie deux fous », un spectacle qui fait rire, réfléchir et, surtout, du bien.
Manufacture des Abbesses, Paris 18e.
Jusqu’ au 21 novembre 2026, du mercredi au samedi à 19 h.









