Santé sexuelle : 22 actions pour renforcer la prévention et l’accès aux droits et aux soins

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Le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, publie la nouvelle feuille de route 2026-2030 en santé sexuelle repose sur une ambition claire : garantir à toutes et tous un accès effectif à la santé sexuelle tout au long de la vie. Communiqué.

Élaborée en concertation étroite avec les administrations partenaires, les agences régionales de santé (ARS), les associations, les professionnels de santé, les chercheurs et les personnes concernées, cette feuille de route fixe les priorités d’action pour les quatre années à venir sur la santé sexuelle.

Rappelons que selon l’OMS « La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie, de dysfonctionnement ou d’infirmité. La santé sexuelle nécessite une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. » [1]

Elle s’inscrit dans la continuité des avancées obtenues depuis 2017 :

  • Déploiement du premier programme national d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) ;
  • Renforcement de l’accès à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG), avec l’allongement des délais, la suppression du délai de réflexion et l’élargissement des compétences des sage-femmes ;
  • Inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’IVG ;
  • Accessibilité au dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST) sans ordonnance et pris en charge à 100 % pour les moins de 26 ans ;
  • Elargissement de la primo prescription de la PrEP ;
  • Transformation de la semaine nationale du dépistage en Semaine nationale de la promotion de la santé sexuelle ;
  • Généralisation de la consultation longue en santé sexuelle prise en charge à 100 %, sans avance de frais, pour les jeunes de moins de 26 ans.

Ces avancées ont permis de renforcer l’effectivité des droits et l’accès à la prévention et aux soins. Des défis persistent toutefois : des inégalités sociales et territoriales, les évolutions des pratiques, les transformations liées au numérique et l’émergence de nouveaux phénomènes, parmi lesquels le « chemsex ».

La nouvelle feuille de route

La feuille de route 2026-2030 repose sur une ambition claire : garantir à toutes et tous un accès effectif à la santé sexuelle tout au long de la vie. Elle s’articule autour de cinq grandes priorités :

Prévenir plus tôt et mieux tout au long de la vie
La priorité est donnée à une approche globale et positive de la santé sexuelle, fondée sur l’information fiable et l’éducation, notamment via le déploiement effectif de l’Education à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS). Les jeunes constituent une cible prioritaire.

Faciliter un accès plus simple, plus lisible et plus équitable à l’offre de santé sexuelle
Améliorer la lisibilité de l’offre constitue une priorité centrale de cette feuille de route.
L’objectif est de permettre à chaque personne et à chaque professionnel de santé d’identifier clairement les structures, les professionnels et les dispositifs existants, au plus près de son lieu de vie.

Cela se traduit notamment par :

  • Une meilleure organisation et visibilité de l’offre (Centre gratuit d’Information de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), centres de santé sexuelle, médecine de ville…) ;
  • Une simplification des parcours ;
  • Un renforcement des dispositifs « aller-vers », en particulier pour les publics les plus éloignés du système de santé.

Accélérer la lutte contre le VIH, les IST et les hépatites virales
La France maintient son ambition d’élimination de la transmission du VIH à l’horizon 2030, en renforçant le dépistage, la prévention combinée et l’accès aux traitements innovants comme la PrEP.

Garantir l’accès effectif à la contraception et à l’IVG
La feuille de route consolide l’accès effectif à la contraception et à l’IVG, dans une logique de simplification des parcours et d’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire.

Mieux prendre en compte les vulnérabilités et lutter contre les inégalités
Une attention renforcée est portée aux publics les plus exposés : jeunes, personnes en situation de précarité, personnes en situation de handicap, personnes LGBT+, personnes migrantes, personnes en situation de prostitution.

Des priorités d’action concrètes pour 2026-2030

La feuille de route se décline en 22 actions opérationnelles, avec plusieurs mesures structurantes :

  • Renforcer et améliorer la lisibilité de l’offre de santé sexuelle sur l’ensemble du territoire (action n°11), afin de permettre un accès plus simple, plus rapide et plus équitable aux services de prévention et de soins ;
  • Améliorer la lisibilité et la fluidité des parcours contraceptifs et d’IVG (actions n°8 et 9) ;
  • Développer les centres de santé et de médiation en santé sexuelle (CSMSS), avec un objectif de neuf centres communautaires d’ici 2030 ;
  • Intégration d’un axe dédié au chemsex, à l’interface de la santé sexuelle, de l’addictologie et de la santé mentale (actions n°17 et 18) ;
  • Renforcement de la production de données et de l’évaluation des politiques publiques (actions n°19 et 20).

La lisibilité de l’offre en santé sexuelle constitue un levier central de cette feuille de route : elle conditionne l’accès effectif aux droits, à la prévention et aux soins pour l’ensemble de la population.

Une approche interministérielle, territorialisée et fondée sur les données

La mise en œuvre de cette feuille de route repose sur une gouvernance interministérielle renforcée associant l’ensemble des ministères concernés, les ARS, les collectivités territoriales, les associations, les chercheurs et les acteurs de terrain.

Elle s’appuie sur :

  • Une déclinaison territoriale renforcée, notamment via les comités de coordination régionale de la santé sexuelle (CoReSS) ;
  • Une prise en compte spécifique des territoires ultramarins ;
  • Un suivi annuel fondé sur des indicateurs partagés ;
  • Un cadre d’évaluation structuré, afin d’adapter les politiques publiques aux besoins et d’en mesurer l’impact.


La Feuille de route santé sexuelle 2026-2030

(1) Organisation mondiale de la santé. Defining sexual health: report of a technical consultation on sexual health, 28–31 January 2002, Geneva. Genève : Organisation mondiale de la santé ; 2006.