A lire – « Le soleil va se lever… » une BD sur le deuil « positif »

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Soigner la mort et accompagner les vivants, telle est la dernière proposition de L’Homme étoilé au travers de cette quête documentaire sensible qui refuse le pathos et cherche plutôt la lumière dans l’ombre, « pour faire du dernier adieu une forme de lien ». L’occasion pour l’auteur de valoriser des profils et des approches complémentaires qui convergent, avec humilité, engagement et bienveillance, vers le même horizon d’apaisement.

Généreux autant que lumineux ! D’un coup de crayon et de mots qui interpellent, il donne à voir au monde une réalité qui, jusque-là, lui échappait. C’est dans l’univers de la fin de vie que Xavier, cet infirmier, auteur talentueux de bandes-dessinées qui œuvre sous le nom de « L’homme étoilé », nous a déjà entraîné, auprès des patients qu’il accompagne et qu’il fait vivre et revivre à l’envie. S’il côtoie la mort au quotidien, elle s’accompagne aussi d’amour, de tendresse, de gestes qui soulagent. « Je sais que si je ne peux pas promettre une fin idéale, je peux garantir une main tendue, une oreille attentive, un regard compatissant et tendre. Je ne peux pas empêcher les patients de partir, je veille à ce qu’ils partent bien. »

Une anthologie du « deuil positif »

Aujourd’hui, dans ce nouvel album intitulé « Le soleil va se lever », premier d’un dyptique*, c’est à la rencontre d’autres acteurs du soin et du deuil – et notamment d’un psychiatre…- qu’il nous convie dans une anthologie du « deuil positif » pour aider les gens qui y sont confrontés et sans doute aussi pour s’aider lui-même. « En effet, cet album ne sera pas qu’un reportage dessiné. J’ai compris qu’à travers ces rencontres c’est aussi moi que je cherchais à rencontrer… ». Et de poursuivre : « c’est ce que j’aime dans nos métiers. Parfois on croit manquer de clefs… alors on fait avec ce que l’on est et on comprend que c’était justement la clef. Un amour inconditionnel de l’autre, ce désir d’accompagner. Lorsque j’ai découvert les soins palliatifs, j’ai ressenti comme un immense sentiment d’alignement. J’étais exactement là où je devais être à faire ce pour quoi j’étais fait. » Et il n’est pas seul à « être à sa place ».

« Si j’ai à cœur de raconter le deuil, c’est parce qu’à sa manière, le deuil me raconte lui aussi. »

Contenu de l’article
Copyright – Le Lombard éditions ; août 2026

« Revoir le soleil se lever » pour ceux qui restent

La parole est ainsi donnée à cinq « facilitateurs du deuil », ces personnes qui prennent le relais quand le pire est advenu et que les soignants, comme lui, sont contraints de se retirer. Autant de profils et d’approches complémentaires qui convergent, avec humilité, engagement et bienveillance, vers le même horizon d’apaisement.

Christophe Fauré est psychiatre. Pour lui, le gros du travail consiste à créer les conditions pour que les personnes accompagnent elles-mêmes leur processus de cicatrisation intérieure et tendent vers plus d’apaisement. « Aucune situation ne peut me dévisser de la conviction profonde que le soleil va se lever ».

Stéphanie Sounac est thanatopractrice. Elle s’accomplit à travers l’acte de soin. « Je prends soin de chaque défunt comme j’aurais aimé que l’on prenne soin de mon père ». Parfois, elle fait face à des situations complexes nécessitant réflexion, adaptation et même créativité, mais vise toujours le même résultat : « je suis satisfaite quand je l’ai obtenu et je sais que la famille du défunt le sera aussi. »

Sarah Dumont est fondatrice de Happy end.  Son idée : libérer la parole autour de la mort en offrant notamment un espace d’échange et d’écoute aux endeuillés lors « d’apéros de la mort ». Il s’agit de « détabouliser » le sujet. « Je ne peux peut-être pas aider les morts à s’élever mais je peux aider les vivants à apprivoiser l’absence, à se préparer et je me sens portée pour cela ».

– Vanessa Maier est Doula de la fin de vie ou « Thanadoula ». Depuis 8 ans, à Lausanne, en Suisse, elle accompagne la vie là où elle s’efface un peu. « Mon rôle ? J’assure une présence auprès du mourant et de ses proches. J’offre mon temps, ma présence, mon écoute. Avec respect, douceur et compassion. J’aide chacun à retrouver de l’apaisement et un pouvoir d’action. »

– Florence Hubert est medium. La rencontre la plus « inattendue » pour le narrateur. Et une révélation dont je tairais la substance mais qui fait la boucle… « Si mon esprit si hermétique a réussi à être touché, j’imagine ce que cela peut apporter à d’autres ! »

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Copyright – Le Lombard éditions ; août 2026

Un chemin universel

Ce que l’on comprend parfaitement à la lecture de ces quelques 240 pages c’est que la mort ne divise pas, elle réunit, crée du lien. Au fond, parler de la mort, cheminer avec elle, c’est parler de la vie et l’ensemble des protagonistes de cet album ne disent pas autre chose. Ils font lever le soleil et la lumière nous inonde.

À la rencontre de Xavier, alias L’Homme Étoilé

*Un deuxième opus est en préparation. « En plein soleil » explorera d’autres territoires, celui du deuil animalier et des deuils de l’enfant, notamment au travers d’un fil narratif plus intime mêlé à une nouvelle série de rencontres.

Le soleil va se lever. Un reportage dessiné sur le deuil, roman graphique, L’homme étoilé, Le Lombard, 21 août 2026.

Bernadette Fabregas Gonguet