« Je n’y arrive plus »

N° 308 - Juin 2026
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À 48 ans, Roger ne peut surmonter les séquelles d’un redoutable cancer. Le premier entretien infirmier met en évidence sa dépression et sa culpabilité de ne pas réussir à s’en sortir seul.

Roger, 48 ans, est un homme très soigné. Plutôt inhibé, il semble presque s’excuser d’être là. Il vit chez sa sœur qui lui a suggéré de venir consulter au centre médico-psychologique (CMP). Lors du premier entretien infirmier, il nous remet tous les comptes rendus de son hospitalisation pour adénocarcinome avec gastrectomie, il y a moins d’un an.

Il raconte avec pudeur son extrême fatigue, qui l’a obligé à interrompre son travail dans le secteur de la sécurité. Il dort mal et fait des cauchemars. Pendant notre échange, il parle avec retenue et fuit notre regard. « Tout est difficile », dit-il en soupirant, avant de conclure : « Je n’y arrive plus. »

« Avant, j’étais fort »

Roger répond laconiquement à nos questions sur sa famille. Il vient de se séparer de sa femme mais reste très entouré par ses trois grands enfants qui viennent le voir régulièrement. Il sort tous les jours de chez lui pour « ne pas trop penser et se changer les idées, maintenant qu’il ne travaille plus ». Sa sœur l’héberge et l’aide à effectuer ses démarches de mise en invalidité. Lorsque les douleurs quotidiennes sont insupportables, il prend des antalgiques qui ne le soulagent jamais totalement. Il n’est pas suivi en Centre d’évaluation et de traitement de la douleur et semble ne pas bénéficier de soins de support.

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