Au Vinatier, un atelier autour du waacking, une danse urbaine très expressive, réunit personnes présentant un TSA et soignants.
Chaque semaine, au Centre chorégraphique Pôle Pik à Bron, près de Lyon, un atelier de danse de 3 heures réunit personnes autistes (sans déficience intellectuelle) et professionnels de santé mentale. En studio, le chorégraphe lyonnais Paul de Saint Paul anime une séance autour du waacking, une danse urbaine énergique et joyeuse née dans les années 1970 dans les clubs LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer…) de Los Angeles. Dans la continuité des projets « Danse et Santé Mentale » menés au Pôle Centre de l’hôpital du Vinatier, l’unité TS2A (centre référent pour l’accompagnement des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) sans déficience intellectuelle) propose cet atelier « hors les murs » pendant quatre mois. « Les personnes autistes rencontrent souvent des difficultés dans leurs relations sociales, leur expression émotionnelle ou la gestion de leurs perceptions sensorielles, ce qui peut engendrer une forte souffrance psychique et sociale », explique Emmanuel Monneron, psychiatre, praticien hospitalier au Vinatier et danseur. « Le waacking est une danse très cinématographique qui implique tout le corps y compris les expressions du visage. On a donc trouvé intéressant de proposer ce travail à des personnes présentant un TSA qui ont parfois des difficultés à reconnaître les émotions faciales ».
« On pose librement sur la musique, puis le chorégraphe nous demande de changer de posture tous les quatre temps ou propose une intention : cueillir des pétales ou respirer des fleurs. »
Cet atelier chorégraphique « Waacking et TSA » permet ainsi aux patients de retrouver confiance, plaisir et sentiment d’appartenance, et aux soignants, une meilleure compréhension mutuelle et une relation plus horizontale avec les accompagnés. « Je travaille sur des projets danse et santé mentale depuis 2018. Celui-ci est le cinquième mené au Vinatier », confie Emmanuel Monneron.
Tout le monde danse lors de cet atelier : les quatre personnes qui présentent un TSA, mais aussi les deux psychiatres, l’interne du service, la job coach (chargée des projets de réinsertion) et une pair-aidante.
« L’histoire du waacking est liée à la musique disco et convoque l’imaginaire des clubs et des boîtes de nuit. On travaille le “posing”, ces postures très expressives qui s’inspirent des grandes actrices hollywoodiennes. Pour certains, c’est difficile de se regarder et d’être regardé mais le chorégraphe dédramatise en se mettant lui-même en scène avec beaucoup d’énergie et d’humour. »
Un film documentaire, réalisé par Boris Mouraret, spécialiste des danses urbaines et proche de la scène hip-hop lyonnaise, viendra prochainement retracer cette aventure humaine et artistique.
Contact : Emmanuel Monneron, psychiatre, emmanuel.monneron@ch-le-vinatier.fr.









