N° 258 - Mai 2021

Troubles bipolaires et maternité : quel suivi ?

Auteur(s) : Sabine CAMINADE, Hugo PERGELINE, Michel DUGNAT et François POINSO, pédopsychiatres, Elsa MOREAU et Raoul BELZEAUX, psychiatres, et Romain GUILHAUMOU, pharmacien biologisteNbre de pages : 6
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Maéva, qui souffre d’un trouble bipolaire, a été suivie tout au long de sa grossesse puis au cours des premiers mois de vie de sa fille par un dispositif d’accompagnement périnatal. Durant cette période, les décompensations liées au trouble sont en effet fréquentes et souvent sévères.

La période allant de la grossesse aux deux ans de l’enfant est une fenêtre sensible pour le développement du  sujet (Nugent, 2007). Or, durant cette période périnatale, le risque de rechute d’un trouble bipolaire maternel est majeur. Il est en effet estimé à 66 % en cas d’arrêt du traitement de fond (régulateur de l’humeur) contre 25 % en cas de poursuite (Wesseloo et al., 2016). La chute du taux hormonal après la naissance est par ailleurs un puissant déclencheur de troubles thymiques et l’arrivée d’un bébé bouleverse la vie des nouveaux parents, modifiant le cycle nycthéméral, ce qui risque aussi de déséquilibrer l’humeur (Lewis, 2018 ; Krawczak et al., 2016). Les décompensations thymiques en post-partum peuvent entraîner une hospitalisation en psychiatrie et donc une séparation mère-enfant. En effet, ces épisodes, souvent sévères, sont associés à un risque suicidaire élevé (le suicide est l’une des premières causes de mortalité maternelle en France) (Santé publique France, 2013).

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