Autisme et troubles du comportement : et si c’était de la douleur ?

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À l’occasion de la Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme le 2 avril 2021, la Fondation APICIL présente la recherche coordonnée par le Dr Arnaud Sourty (1), en collaboration avec le collectif douleur régional « douleur et TSA1 », sur la corrélation probable entre troubles du comportement et existence d’une douleur chez des personnes autistes.

Cette recherche vise à préciser l’importance de préparer et former les professionnels à la prise en charge et à l’identification de ces situations, à les aider à évaluer et comprendre les expressions de la douleur chez les personnes avec Troubles du Spectre Autistique (TSA). La Fondation APICIL soutient la mise en œuvre de cette démarche, à hauteur de 30 900€ au côté du CH Le Vinatier (Bron, 69).

Selon Nathalie Aulnette, Directrice de la Fondation APICIL, « cette recherche lauréate de notre appel à projets Douleurs et Handicaps, initiée par le Dr Arnaud Sourty, va permettre de soulager la douleur qu’elle soit psychique ou physique, souvent sous-évaluée pour des personnes en situation de handicap. Ce projet ouvre le champ des possibles pour les équipes médico-sociales et pour les professionnels éducatifs. Cela leur permettra, en accédant à des outils d’évaluation et à une formation adaptée, de déclencher une prise en charge de la douleur pour des personnes qu’ils accompagnent et qui peuvent exprimer leur douleur par des comportements ou des attitudes particulières. » Arnaud Sourty, l’explicite, « nous sommes partis de la problématique suivante : le défaut de prise en charge par manque de connaissance des particularités de l’expression de la douleur pour les personnes TSA. Cette méconnaissance entraine une dégradation inéluctable de l’état de santé de personnes non reconnues comme douloureuses et une mauvaise orientation dans le parcours de soin de la personne »

« Nous prévoyons de corréler des outils utilisés pour quantifier et qualifier les « troubles du comportement » avec la grille douleur que nous utilisons depuis 2010, et ou éventuellement un lien mis en évidence avec une pathologie douloureuse du patient / résident. »

Pour cette population spécifique, cette étude consiste à faire un recueil des comportements « problèmes » facilement repérés dans les lieux de vie pour pouvoir les codifier sur une échelle de troubles du comportement. Puis il s’agit d’utiliser une « grille douleur » bien maitrisée par les équipes afin de pouvoir mettre en évidence un pourcentage de situation dans lesquelles la douleur est une composante des comportements problèmes. « Nous avons donc privilégié des grilles d’évaluation qui s’intéresse à la fréquence des troubles plus qu’à leur intensité ce qui est la caractéristique adéquate d’évaluation de cette population », précise le Dr Arnaud Sourty. »

  1. Praticien hospitalier du CH Le Vinatier – Médecin Algologue Équipe Mobile Autisme – Centre de Ressource Autisme (CRA)