Anorexie mentale : l’effet récompense par l’effort physique recherché

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De récents travaux de recherche sur l’anorexie mentale se sont notamment intéressés à l’effet récompense associé au fait de ne pas s’alimenter et de perdre du de poids.

Chez les patientes souffrant d’anorexie mentale, la perte de poids par carence alimentaire s’accompagne de fatigue et de diminution des capacités physiques. Pourtant, elles continuent souvent à pratiquer intensément une activité sportive qui participe à l’amaigrissement. Des chercheurs de l’Inserm et de Université de Paris à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris et au GHU Paris psychiatrie & neurosciences montrent que l’effort physique génère des émotions positives chez les patientes (ce qui était attendu) mais aussi de manière plus étonnante, chez leurs apparentés non malades. Ce n’est toutefois pas le cas chez les sujets contrôles.

Les patientes anorexiques persistent à faire de l’exercice alors même que le fait d’être en sous-poids occasionne une diminution progressive de leurs capacités physiques.

Les scientifiques ont montré dans une précédente étude que l’anorexie mentale est plus associée au plaisir de maigrir qu’à la peur de grossir, et que cet aspect serait génétiquement influencé. Dans leurs nouveaux travaux, ils poursuivent leurs réflexions sur les critères cliniques de la maladie et sur son héritabilité (désigne la part des gènes dans les différences entre individus, c’est-à-dire dans la variance d’un caractère exprimé par un échantillon de sujets – ici l’anorexie) en s’intéressant à la notion d’exercice physique. « Il s’agit d’une approche atypique car l’effort physique n’est pas considéré comme une manifestation clinique de l’anorexie, alors même que de nombreuses patientes font énormément de sport, notamment pour gérer leur faim et perdre des calories », précise le psychiatre Philip Gorwood, associé à ce travail.

La recherche d’un effet récompense par l’effort physique constituerait donc un aspect important de la maladie qui serait génétiquement influencée. Ces travaux publiés dans l’International Journal of Eating Disorders pourraient permettre d’axer la prise en charge des patientes souffrant d’anorexie mentale vers les dépenses caloriques (le sport) plutôt qu’exclusivement vers les carences d’apport (l’alimentation).

• Article à lire sur le site de l’Inserm : Anorexie mentale : « dépenser plus » pourrait être encore plus important que « manger moins » pour expliquer le cercle vicieux de la maladie