Quand le moral baisse, les conduites addictives augmentent…

FacebookTwitterLinkedInEmail

L’Association Addictions France publie les résultats d’une enquête1 menée avec BVA sur les conduites addictives des Français et précise « qu’à l’heure où un Français sur 10 indique avoir déjà été suivi pour un problème d’addiction, plus d’un consommateur sur trois a nettement augmenté sa consommation de tabac, cannabis et/ou médicaments psychotropes pendant la première année de crise sanitaire « .

Quand le moral des Français baisse, les consommations augmentent… Plus d’1 Français sur 2 estime que la crise sanitaire et les restrictions vécues ont eu un impact négatif sur son moral (56%). C’est sur la santé psychologique que la situation a eu le plus de conséquences néfastes, davantage que sur les relations avec leurs proches (53%), la situation financière (35%), la vie professionnelle (34%) ou encore l’accès aux soins (29%). Ainsi, les restrictions sanitaires ont également eu un impact sur les addictions sans substance. 60 % des Français ont augmenté leur temps d’écrans récréatifs depuis le début de la crise avec un quart d’entre eux passant au moins 6 heures par jour devant un écran pour se distraire.

« L’effondrement du moral des Français, notamment des plus fragiles, est la toile de fond de cette augmentation des conduites addictives ».

La crise aggrave la situation des personnes les plus en difficulté… les personnes dans une situation financière très difficile, celles déjà suivies pour une addiction, les polyconsommateurs2, les personnes ayant connu un arrêt de leur activité professionnelle lors de l’année écoulée et les étudiants s’avèrent des populations plus touchées que les autres, avec un impact encore plus négatif de la crise sur leurs consommations. Ainsi, pour ces populations :
– 58% des personnes ayant déjà été suivies pour un problème d’addiction ont augmenté leur consommation
d’anxiolytiques (vs 33% en moyenne) ;
– 56% des personnes en situation financière difficile admettent qu’il était difficile de maîtriser certaines consommations à risques en période de confinement (vs 38% en moyenne) ;
– 53 % des gros fumeurs (plus de 10 cigarettes par jour) ont augmenté leur consommation de tabac (vs 35% en
moyenne) ;
– 45% des polyconsommateurs ont augmenté leur consommation d’alcool (vs 21% en moyenne) ;
– 3 étudiants sur 4 ont augmenté le temps passé devant un écran, en dehors de leurs études (vs 60% en
moyenne).

Près d’1 Français sur 10 (8%) ont commencé à prendre des médicaments psychotropes au cours de l’année écoulée. »

Dans le détail, les motifs ayant poussé à augmenter sa consommation de tabac ou de cannabis au cours de l’année écoulée sont comparables et expriment avant tout la nécessité de compenser une frustration ou un manque : l’anxiété et l’ennui en 1ère et 2ème position, le sentiment d’isolement ou de solitude en 3ème et le plaisir en 4ème raison.

« Les effets de la crise sanitaire sont plus ambivalents sur la consommation d’alcool même si près d’1 consommateur sur 5 admet boire davantage depuis le début de l’épidémie. »

Bernard Basset, président d’Addictions France, souligne que les personnes suivies pour addiction « font état d’un fort besoin d’accompagnement, suite à une année marquée par une augmentation de leurs conduites addictives et un accès aux soins plus limité. Ainsi 78% estiment avoir davantage besoin d’accompagnement pour leur problème d’addiction qu’il y a 1 an (43% beaucoup plus qu’avant, 35% un peu plus qu’avant). Et pourtant, 39% d’entre eux ont dû renoncer à se faire accompagner, soit parce qu’ils ont eu des difficultés à obtenir un rendez-vous, soit parce qu’ils ne savaient pas vers quelles structures se tourner« .

1- Enquête réalisée par internet du 15 au 24 février 2021 auprès d’un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans ou plus, composé de 2001 personnes. L’échantillon a été construit selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession du répondant, région et
catégorie d’agglomération.
2- On désigne par ce terme les consommateurs d’au moins produits : alcool au-delà des repères de consommation, tabac ou cannabis.

Voir l’infographie des résultats de cette enquête.