29es Journées itinérantes francophones d’éthiques des soins de santé (JIFESS) du Groupe francophone d’Etudes et de Formations en Ethique de la Relation de Service et de soin (GERFERS).
Telle une évidence, on entend fréquemment déclarer – avec une pointe d’amertume parfois – « tout change ! » : la société, les gens, l’éducation, le rapport au travail, le comportement des apprenants, les institutions, les financements, les lois, le contexte géopolitique, le climat mais également les différentes formes d’art, l’étendue des savoirs et les modalités d’accès à ceux-ci, les techniques avec leur précision, leur sophistication voire leur audace, etc. Effectivement, « tout change ! ». Heureusement, ou pas, selon le cas…
Ces mutations font l’histoire de l’Humanité : certaines sont vécues comme un progrès, une évolution pour le « mieux » qu’elles apportent et le « bien » auquel elles contribuent ; d’autres sont perçues comme une régression, et ces appréciations évoluent elles aussi. Et puis, il y a bien des mutations qui, au nom du principe de précaution, laissent perplexes. Il ne s’agit pas de les rejeter d’emblée mais de se montrer sage et prudent, de faire preuve d’esprit scientifique et d’exercer sa réflexion critique afin, comme nous y invitait Gaston Bachelard (1884-1962) de ne pas émettre d’opinion sur une question que l’on ne comprend pas…
Le rythme parfois intense de ces mutations en appelle toujours à notre vigilance : il s’agit d’apprécier les effets immédiats mais aussi d’évaluer leurs répercussions dans la durée. Rappelons-nous l’avertissement de Paul Valéry (1871-1945) : Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. L’histoire de notre monde et de ses cultures en témoigne à souhait.
La pédagogie et les modalités de formation aux différents métiers de la relation à l’humain n’échappent pas à ces mutations et aux mouvements – ou soubresauts – qui en résultent. Mais au fond, n’est-ce pas de garder le cap dont il est question ? Un cap éclairé par une espérance bonne et féconde et qui, nourrie d’audace et de créativité, vise un avenir différent, éthiquement désirable.
À l’heure où le savoir est de plus en plus abondant – voire pléthorique – , rendu non seulement aisément accessible mais également proposé en format « prédigéré » et « prérédigé » par l’Intelligence artificielle, la fonction formative de l’acte d’enseigner se doit d’évoluer radicalement. Elle doit conduire à l’expression fine et argumentée d’un jugement, et nourrir une pensée critique exprimée de manière personnelle. Il faut aussi qu’elle suscite une réflexion de « bon sens » en vue d’agir efficacement – mais également avec conscience, prise de recul et discernement. Il n’y a là rien de neuf si l’on se souvient de la mise en garde de François Rabelais (1483/94 – 1553) : science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Les mutations de l’accès aux savoirs et du rapport des étudiantes et étudiants à l’institution « formation », l’évolution de leur manière d’être présent.e.s au monde, obligent à repenser les fondements de l’autorité pédagogique dont le sens premier, rappelons-le, signifie aider à élever la réflexion. À repenser, également, la définition des objectifs et les formes d’évaluation au cœur des formations aux métiers du soin, ainsi que les modalités d’accompagnement et l’animation de l’esprit des équipes pédagogiques et de tutorat. Malgré les mutations et les turbulences, il s’agit de garder le cap pour une pédagogie du soin socialement utile et humainement responsable.
Informations pratiques :
- Tarifs entre 290 et 360 €
- Inscriptions possibles à partir du 18 décembre 2026
- Pour plus d’informations
- Contact : 01 40 55 56 56 ou w.hesbeen@gefers.fr










