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Entretien autour de la notion d’alliance thérapeutique avec le docteur Vassilis Kapsambelis, psychiatre et psychanalyste.
Travailler sur les questions de l’observance, de la compliance, de l’adhésion ou de la non-observance au traitement à partir du concept de rôle oblige l’équipe soignante à modifier sa représentation de la maladie et de la personne qui en est atteinte.
En psychiatrie, la prescription n’est pas évidente. Le psychiatre doit jongler entre deux dimensions qui, de prime abord, apparaissent tout à fait opposées : la psychothérapie d’un côté, la pharmacologie de l’autre. Et bien souvent son activité suppose un harmonieux mélange entre les deux.
Si les textes français ne sont pas extrêmement clairs sur la question du refus de prendre un neuroleptique – les soins se confondant souvent avec l’hospitalisation – il n’en va pas de même en Suisse. Un arrêt du tribunal administratif de la république et du canton de Genève, en date du 7 mars 1995, énonce que la volonté d’une plaignante de ne recevoir à l’avenir aucun neuroleptique devra être respectée par les Institutions universitaires de psychiatrie de Genève (IUPG) ; même si cette patiente était jugée ultérieurement incapable de discernement.
Et si la relation soignant-soigné autour du médicament neuroleptique pouvait se penser en référence aux quatre grands stades évolutifs de la vie : petite enfance, adolescence, âge adulte, sénescence ? Une grille de lecture originale qui permet de travailler la question de la non-observance.
L’information donnée au patient ne saurait se limiter à quelques connaissances vulgarisées dont le soignant se débarrasserait pour satisfaire à une corvée médico-légale. Informer implique un cheminement commun, la création d’une relation, d’une élaboration à travers une démarche explicative.
Exemples de démarches de soin sur la pratique de l’observance thérapeutique en psychiatrie ou comment repérer, identifier, analyser l’ensemble des composantes à l’œuvre pour porter les diagnostics infirmiers adéquats et proposer des actions de soins à partir de modèles anglo-saxons.
Tentative désespérée, ultime, de soulager une angoisse incontrôlable pour le sujet, mais aussi préoccupation sociétale de premier plan, le passage à l’acte constitue un enjeu majeur en psychiatrie.
Envisager le passage à l’acte dans sa complexité est comme une tentative d’approcher le point de non-recouvrement de l’humain et du rationnel. Une certaine violence irréductible serait alors liée par concept à cette humanité brute, « en action ».
Dans un contexte économique et social en évolution, l’institution peine à jouer sa fonction cadrante et contenante des angoisse. Elle génère alors une agressivité prégnante qui favorise acting out et passages à l’acte des soignants.