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Entretien avec Gilles Ferréol, professeur de sociologie à l’université de Poitiers, directeur du Laresco (Laboratoire de recherche en sociologie de la connaissance). (1)
La peur du psychopathe n’est que l’expression de son angoisse d’aimer. Boule de violence, il nous rappelle que la négation du manque à être engendrant celle de l’être débouche sur la violence mortifère de la raison du plus fort.
Prise en charge infirmière d’un patient psychopathe incarcéré dans un centre
pénitentiaire, réalisée dans le cadre d’une consultation spécialisée en
psychiatrie rattachée à une UCSA (unité de consultation et de soins en ambulatoire).
La psychiatrie est un lieu où la parole délirante peut être entendue d’une autre manière que dans la cité.Ce qui nécessite de la part des soignants à la fois des connaissances théoriques et un travail personnel sur leurs émotions,leur affects, leur agressivité,leurs mouvements de rejet ou de rapprochement.
Les idées délirantes peuvent être classées en fonction de différents critères : thèmes,mécanismes générateurs, type d’organisation, degré d’adhésion et d’investissement thymique des patients, troubles associés du comportement.
Les médicaments ne soignent pas la maladie mentale mais permettent de panser le psychisme lorsque celui-ci est amené à des recours invivables et dangereux pour penser l’événement traumatique.
Dans la théorie psychanalytique, le délire répond à une finalité interne et peut être assimilé à une tentative de résolution d’un conflit initial.
N’accueille pas la parole délirante qui veut. Certains soignants endiguent leur peur d’être “impressionnés” en niant tout sens à ce discours alors taxé d’incohérence. D’autres s’interrogent. Et de leur interrogation sans cesse
retravaillée naît une approche soignante qui permet de redonner au patient une place de sujet.
François Sicot est maître de conférence en sociologie à l’université de Toulouse-Le-Mirail, et auteur d’une étude portant sur les représentations des travailleurs sociaux en matière de troubles mentaux (1). Il souligne les risques
d’une interprétation extensive de la notion de délire et de trouble mental.
Le fait d’entendre des voix est parfois considéré comme la condition nécessaire et suffisante pour affirmer la psychose. Auparavant, il faut y rajouter quelques précisions. Après avoir donné la définition des hallucinations, nous suivrons les progrès épistémologiques accomplis au cours des XIXe et XXe siècles, puis nous en détaillerons la sémiologie selon les différents domaines sensoriels concernés. Enfin, nous proposerons une lecture de ces phénomènes selon différentes incidences parmi lesquelles l’oeuvre de Jacques Lacan aura une place de choix.