N° 305 - Mars 2026

Sans l’intime, peut-on réellement prendre soin ?

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Dans le soin, l’intime constitue une modalité relationnelle à soi et à l’autre vulnérable, pour une approche sensible du sujet. Marie-Claire Guerin-Lacroute*, gériatre, en explore les différentes dimensions dans un ouvrage L’intime, ressource du soin, publié aux éditions Érès. Entretien.

• Comment définissez-vous la notion d’intime dans le contexte du soin ?

L’intime est une modalité relationnelle, à soi-même et aux autres. De prime abord, on a tendance à penser l’intime comme ce qui nous est le plus privé, le plus exclusif car le plus constitutionnel de nous-mêmes. D’un autre côté, on qualifie d’intime ce lien qui nous relie à ceux avec qui nous avons partagé des moments singuliers, des moments où nous nous sommes vraiment sentis nous-même car notre for intérieur s’est révélé et exprimé. L’intime est l’un et l’autre, et même l’un via l’autre : ce qui chez moi me constitue essentiellement mais ne peut m’être révélé et s’exprimer que grâce à la rencontre avec l’autre.

Le soin nous place très souvent sur le seuil de l’intime, mais il advient alors entre deux personnes parfaitement étrangères l’une à l’autre. Qui plus est, ces deux personnes sont en présence parce qu’une menace pèse sur l’une et engage l’autre. L’intime dans le soin a donc des particularités que je développe dans cet ouvrage.

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