Un « pare-chocs » anti-dépression à l’adolescence…

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Importé du Québec, le programme cognitivo-comportemental « Pare-chocs » vise à prévenir la dépression à l’adolescence.

Dès 2010, le Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Supea) du CHU de Toulouse a cherché à prévenir la dépression dans les lycées. En effet, les professionnels observaient des demandes croissantes d’accueil en hospitalisation temps plein d’adolescents présentant un épisode dépressif caractérisé ayant évolué sur plusieurs mois sans aucune prise en charge. Ces jeunes souffraient d’une dépression sévère dont la symptomatologie s’était fortement aggravée, mais également de troubles comorbides associés. S’y ajoutait fréquemment une déscolarisation complète et la reprise des études était alors extrêmement difficile voire impossible, conduisant parfois à un décrochage scolaire définitif en rupture avec la trajectoire antérieure de l’adolescent.

Le choix du Supea s’est porté sur « Pare-chocs », développé par l’équipe de Diane Marcotte au Québec (1), l’un des seuls programmes de prévention de la dépression, ciblé, disponible en français, évalué, et utilisant une approche cognitive et comportementale.

En pratique, ce programme nécessite un dépistage des adolescents à risque dans le milieu scolaire, ce qui suppose une bonne collaboration avec les lycées et une information préalable des parents. L’intervention cognitivo-comportementale est proposée à des groupes fermés de 6 à 10 adolescents (de 14 à 17 ans). Animée par 2 thérapeutes, elle se déroule en 12 rencontres (1 séance hebdomadaire pendant 2 mois) et l’apprentissage de diverses techniques et compétences permettant de réduire les risques de dépression, tout en renforçant les facteurs de protection. Ludique, elle prend en compte des dimensions particulièrement sensibles à cette tranche d’âge : estime de soi, image corporelle, habiletés sociales, dimension scolaire, émotions…

En 2020, après dix ans d’expérimentation, les résultats d’une première évaluation sont venus étayer un ressenti clinique déjà très positif (2). L’engagement actif des adolescents et l’espace créé pour parler de leur souffrance apparaissent comme des points forts de ce dispositif. Par ailleurs, l’implantation en milieu scolaire contribue à la déstigmatisation.

1– Poirier M, Marcotte D, Joly J, et al. [Implementation Evaluation of the Pare-Chocs Program in High School]. Sante Ment Que 2017 ;42:355–77. 2– Mesquida L, Guégan M, Marcotte D, et al. Dépression à l’adolescence : mise en place et évaluation d’un programme de prévention en milieu scolaire. Inf Psychiatr 2020 ;96:725-32.

• Contact : Laure Mesquida, pédopsychiatre, mesquida.l@chu-toulouse.fr