L’ostéopathie, traitement complémentaire efficace dans l’anorexie mentale ?

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Cette recherche réalisée dans le département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut Mutualiste Montsouris va évaluer l’efficacité d’un traitement ostéopathique en complément de la prise en charge habituelle dans l’anorexie mentale.

L’anorexie mentale est une pathologie touchant essentiellement les femmes (sex-ratio 1/10), qui débute le plus souvent à l’adolescence. Son pronostic reste sombre avec un taux de mortalité élevé de 10 % et un risque de chronicisation majeur (1). L’insatisfaction corporelle, les perturbations dans la reconnaissance et l’identification des sensations corporelles font partie des symptômes clés de l’anorexie mentale. Il existe cependant un contraste entre ce constat consensuel de l’importance des troubles du schéma corporel dans l’anorexie mentale, et le relatif déficit de prises en charge corporelles spécifiques.

Dans ce contexte, des chercheurs de l’Institut Mutualiste Montsouris ont imaginé un protocole de traitement et d’évaluation reposant sur l’idée que la posture, la respiration, les tensions musculaires et la perception corporelle, dimensions étroitement liées à l’état psychique et émotionnel, sont perturbées chez ces patientes. Le but de cet essai monocentrique randomisé contrôlé est d’évaluer si un protocole de traitement ostéopathique dédié à l’anorexie mentale, ajouté au traitement habituel, est significativement plus efficace que le traitement habituel seul.
Pour cela, 72 patientes seront réparties en deux groupes, l’un recevant le traitement ostéopathique dédié à l’anorexie mentale en plus du traitement habituel et l’autre le traitement habituel seul. Le protocole de traitement ostéopathique implique 5 sessions de 30 minutes avec des techniques palpatoires au niveau du diaphragme, du système digestif et de la région cervicale. Le traitement habituel est défini par l’approche de soins multidisciplinaires recommandée par la Haute Autorité de santé (1). Le critère de jugement principal est l’évaluation de la sensibilité intéroceptive et les critères de jugement secondaires comprennent l’évaluation de l’évolution des symptômes cliniques, psychopathologiques et des dysfonctions somatiques. Une étude qualitative sera également réalisée à l’aide de la méthode d’analyse IPA (Interpretative Phenomenological Analysis).

La fin du recrutement de l’étude, en partie empêchée par la crise sanitaire, est prévue pour avril 2022.
Si les résultats de l’étude sont positifs, les patientes souffrant d’anorexie mentale pourront bénéficier d’une possibilité de traitement supplémentaire efficace, relativement peu coûteux, non invasif et non médicamenteux.

1– Anorexie mentale : prise en charge. Recommandations juin 2010. Journal de pédiatrie et de puériculture 2012 ; 25:00–47.

Recherche ACAMTO dans le département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut Mutualiste Montsouris : une étude monocentrique prospective randomisée évaluant l’impact de l’ajout d’une approche corporelle par traitement ostéopathique dans la prise en charge d’adolescentes souffrant d’anorexie mentale. A. Letranchant Y. Kim-de Montebello, Corinne Dugré-Le Bigre, M. Corcos. Contact : Aurélie Letranchant, psychiatre, Contact: Aurelie.Letranchant@imm.fr