Covid-19 : la « mobilisation forte » des soignants en psychiatrie

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« La pathologie mentale ne disparaît pas avec le Covid-19 ! » Dans un communiqué du 16 mars, Christian Müller, président de la Conférence des commissions médicales d’établissements de Centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie (CME-CHS), souligne que les Établissements publics de santé mentale (EPSM) doivent s’organiser « pour assurer la continuité, la proximité, la qualité et la sécurité des soins dans le cadre de leur mission de service public. » Il s’agit globalement de « réduire la voilure » de l’activité habituelle des soins pour pouvoir la maintenir et l’adapter. Dans ce contexte, il salue la « mobilisation forte » des personnels soignants du secteur et la capacité à se réorganiser dont ils font preuve.

Du côté des mesures proposées par la Conférence, les Centres médico-psychologiques (CMP) sont positionnés en première ligne pour assurer les soins ambulatoires, selon plusieurs modalités : prise en charge des situations non programmées, pour éviter la saturation des urgences ; maintien d’un contact par téléphones pour certains usagers et consultations ciblées pour d’autres (situations complexes, poursuite des traitements indispensables, notamment d’action prolongée…) ; interventions à domicile au cas par cas ; interruption des activités de groupe en Hôpital de jour (HDJ) et Centre d’activités thérapeutiques à temps partiel (CATTP) pour limiter le risque de propagation virale… Par ailleurs, des précautions sont à prendre pour assurer des conditions d’accueil satisfaisantes (limitation du nombre de personnes simultanément en salle d’attente…).

Dans les unités d’hospitalisation, les mesures de confinement, après identification par médecin ou interne de l’établissement des cas possibles ou confirmés, sont initiées par l’équipe opérationnelle d’hygiène. Les impératifs de sécurité sanitaire, médicalement et administrativement constatés, pourront justifier les restrictions à la liberté d’aller et venir, en restant dans le cadre de la réglementation en vigueur et des instructions nationales.
Parallèlement, les EPSM sont amenés à se mobiliser en soutien des établissements MCO (mise à disposition de lits notamment), dont ils doivent se rapprocher aussi pour préparer l’accueil en soins somatiques de patients en psychiatrie et qui contracteraient le virus.

Par ailleurs, une cellule de crise pour la psychiatrie est au travail autour du Pr Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, pour élaborer des recommandations spécifiques à la discipline. A suivre