N° 227 - Avril 2018

Soins psychiatriques au détenus : les constats du CGLPL

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Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) dresse un constat accablant de la prise en charge de la santé mentale des personnes incarcérées : pathologies lourdes aggravées par l’enfermement, risque de suicide accru. Il réaffirme le principe d’une égalité réelle d’accès aux soins et de traitements entre patients détenus et population générale.

Chargé de veiller au respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté est confronté à la problématique des soins psychiatriques des personnes placées sous main de justice dans les établissements pénitentiaires et les établissements de santé mentale. Globalement mal connues, rarement détectées lors des expertises judiciaires et difficilement identifiées en détention, les pathologies mentales accroissent la souffrance des personnes détenues, alourdissent la charge d’une administration pénitentiaire déjà tendue par la surpopulation et s’aggravent en raison de conditions de détention inadaptées aux prises en charge. Si les services médico-psychologiques régionaux (SMPR) et la création d’une première tranche d’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) ont permis des progrès incontestables, les personnes détenues ne bénéficient pas d’une prise en charge comparable à celle de la population libre : des inégalités demeurent flagrantes et les affections chroniques ne trouvent pas de réponse. Dans ce contexte, la violation des droits individuels se banalise, tout particulièrement au détriment des patients pris en charge dans des hôpitaux ou des services psychiatriques de proximité.