Alcool : 49 000 morts chaque année

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Dans un numéro spécial de son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’Institut de veille sanitaire (INVS) rassemble une série d’études et de rapports récents sur les problématiques liées à l’alcool, estimé responsable en France d’environ 49 000 décès par an et seconde cause de mortalité évitable, après le tabac.
Ces recherches pointent différents profils de consommateurs et notamment l’évolution de la consommation chez les collégiens et lycéens, chez les 18-25 ans, l’augmentation de la consommation pendant la grossesse, la prévalence dans la population générale adulte…

Une étude s’intéresse spécifiquement aux passages aux urgences pour intoxication éthylique aiguë (IEA) à partir des résumés enregistrés dans Oscour® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences). Elle établit ainsi qu’en 2011, le nombre de passages aux urgences pour IEA était de 100 404, tous âges confondus. Cependant, les chercheurs estiment que ce chiffre est sous-estimé, l’IEA apparaissant souvent en « diagnostic associé ». C’est le cas de patients arrivés pour « traumatisme crânien » ou « fracture » en réalité consécutif à un état d’ivresse ou de personnes adressées par la police pour constat d’ivresse pour qui le premier motif apparent est un « examen à des fins administratives ».

L’étude montre par ailleurs que les 15-24 ans (17 % des personnes) et les 40-49  ans (25 %) sont les plus représentés. Du côté des prises en charge, il est préconisé, dans les cas d’IEA, de mettre en œuvre un bilan alcoolique, psychologique et social, ce qui passe, en particulier chez les adolescents, par une hospitalisation.?Or cette étude fait état d’un taux d’hospitalisation relativement faible (33 %), toutefois plus élevé chez les mineurs (40 %). Les chercheurs estiment que la prise en charge pourrait être relativement imparfaite : « Cela pourrait être en partie dû à une offre de soins en alcoologie insuffisante ou mal répartie au cours de la journée et de la nuit dans les services d’urgences et les structures hospitalières. Une évaluation spécifique serait donc à envisager pour objectiver le phénomène et dimensionner l’offre de soins en conséquence. »

D’une manière globale, l’INVS rappelle que les mesures de santé publique ont été identifiées au cours des dernières années et espère que « la France, comme d’autres pays européens, saura s’en saisir pour l’avenir. »

  • L’alcool, toujours un risque majeur pour la santé en France. INVS, BEH, n° 16-17-18, 7 mai 2013. www.invs.sante.fr