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La toute récente mise en place d’un groupe de travail sur la violence
à l’hôpital par la Direction des hôpitaux (voir encadré) montre que les temps ne sont plus aux seuls travaux d’épidémiologie d’alarme. Déjà, dans plusieurs pays, des recherches actions réalisées avec les soignants aident à mieux comprendre
les stratégies concrètes d’intervention à mettre en place.
La déconsidération de l’autorité du chef, la fin d’un modèle institutionnel capable de faire barrage au déferlement pulsionnel laissent les soignants
sans protection face à la violence. À l’institution de proposer un traitement médiatisé de celle-ci.
Un travail de régulation avec les équipes soignantes permet d’apporter une réponse cadrante, structurante à la violence des patients.
Entrien avec Charles Rojzman, créateur d’une méthode de “thérapie sociale“,
qui conduit depuis dix ans des actions de “formation“ visant à instaurer du lien
social. Notamment dans des services publics et des banlieues dites difficiles, où la violence se nourrit de la haine et du racisme entretenus par le fonctionnement même detes institutions.(1)
En favorisant la dispersion de la relation sur l’ensemble de l’équipe, les soignants d’une unité fermée accèdent plus facilement au monde interne des patients.
Dans les activités féminines, et en particulier celles qui ont trait au soin, on
ne peut pas répondre à la violence par la violence, mais en faisant en sorte de
désamorcer celle-ci, au besoin par la ruse. Un travail qui ne se voit que lorsqu’il est mis en échec (1).
Lorsque le besoin de contention physique des patients s’impose comme
une nécessité, il n’est bien souvent plus question de soin mais de muscles.
Révolte d’un infirmier.
Le rétablissement doit être reconnu comme une réalité, un processus, une perspective nouvelle. La possibilité d’un avenir favorable, en dépit d’une pathologie psychiatrique, constitue un message d’espoir considérable. Pourtant, en France, ce modèle du rétablissement, qui redonne du pouvoir d’agir à ceux qui n’en ont plus, se heurte à une forme de résistance.
Construite sur des témoignages de patients, la théorie du rétablissement considère que la personne peut se remettre de la catastrophe psychologique de la maladie. Cinq étapes ont été mises en évidence pour offrir des soins orientés vers ce modèle .
La psychiatrie doit restituer au patient son autonomie morale, basée sur une redéfinition de soi caractérisée par une évolution qui voit la personne malade « se définir de moins en moins en fonction du trouble mental ».