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L’alliance thérapeutique constitue un équilibre acquis sur le fond d’une double inégalité, celle du pouvoir et du dévouement. Cette conquête nécessaire, merveilleuse et fragile, fait que le
dévouement ne devient pas servitude et que la compétence ne devient pas domination.
Quel est le degré de régression souhaitable et supportable pour un sujet âgé ? Quand le soutien de sa dépendance risque-t-il de devenir un obstacle au retour de sa maturité ? À quel moment le soignant se trouve-t-il du côté de la réorganisation, de la liaison et de la vie ou de la désorganisation, de la division et de la mort ?…
Victime peu à peu d’un processus neurodégénératif, le sujet âgé dément garde néanmoins des ressources de compensation. Il faut alors mettre en oeuvre les modalités d’accompagnement de ce parcours régressif.
Plutôt qu’un sujet « retombé en enfance », l’âgé est aux prises avec son enfance qui lui « retombe » dessus. Reste à l’aider pour qu’il n’en soit pas écrasé, car ce qui fait retour est souffrant et doit être intégré psychiquement.
Les mouvements régressifs sont constants dans les institutions pour personnes âgées, et concernent autant les patients que les soignants. Dans cette communauté, chacun est appelé à regarder les effets du vivre et chacun s’en défend. La régression peut alors faire refuge.
Que comprendre de la fin de vie du sujet âgé à partir du concept de régression? Notre société du droit au bonheur et à la santé attend de la personne âgée qu’elle quitte la vie avec élégance… Bien plus complexe, la réalité active souvent l’angoisse de mort des soignants.
Au cours des pathologies démentielles, les troubles du langage mettent en difficulté les soignants qui, pour maintenir leurs capacités à communiquer avec ces patients, doivent trouver un soutien pensé et organisé en équipe.
Dans la dynamique du couple âgé, l’auteur distingue régressions réparatrices et pathologiques. La tendresse, qui permet à la fois la régression, l’émergence de la parole et la croissance psychique, doit être le socle des liens du couple au cours du vieillissement.
La plasticité cérébrale et cognitive est une notion très séduisante, explorée dans plusieurs domaines scientifiques. Au-delà des apports sur le fonctionnement du cerveau, ce concept renseigne sur la façon dont la société contemporaine envisage le vieillissement et les régressions du sujet âgé.
Face aux régressions sévères liées à la maladie d’Alzheimer, l’approche Snoezelen, qui s’adresse à la sensorialité du patient, permet d’établir une relation et de redonner du sens au travail du soignant.