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La schizophrénie impacte lourdement le vécu corporel : angoisse de morcellement, troubles de la régulation
tonique… Un centre de jour a élaboré un atelier pour aider les patients à retrouver une unité psychomotrice.
Les soignants ont-ils la confiance des patients ? Et surtout, sont-ils capables de leur faire confiance ? C’est bien cette question qui constitue un élément essentiel et la véritable caractéristique de la thérapeutique psychiatrique.
Psychotique, névrotique, borderline, et même normopathe, chacun noue un rapport spécifique à la confiance. Envisager le trouble patent sous l’angle de la psychopathologie permet de le déplier sous ses formes significatives.
Le concept de transfert permet de comprendre ce qui est en jeu pour le sujet dans le « faire » ou « avoir » confiance dans le psychanalyste. Ces modalités s’expriment différemment dans le traitement analytique
des névroses et des psychoses.
Pour assumer une fonction soignante et s’investir dans une relation d’aide, le soignant doit être suffisamment confiant dans ses propres capacités. Un déséquilibre de cette dimension peut se répercuter sur les soins.
Pour construire la confiance dans une équipe de soin, le cadre de santé doit combiner avec habileté la cohérence de son discours, le réalisme, la mobilisation de ce qu’il dit, en lien avec ce qu’il est, et la reconnaissance éthique de chacun des acteurs.
Jean-Jacques, un patient qui souffre de schizophrénie, considère Louis, son infirmier référent, comme une « personne de confiance » à prévenir en cas de besoin. Quel sens donner à cette appellation ? Comment se tisse un tel lien et quelle histoire permet-il d’écrire ?
Abdel, placé en chambre d’isolement, vocifère et frappe contre la porte. Un infirmier expérimenté s’oppose à un jeune collègue intérimaire sur l’attitude à adopter et décide de faire confiance à ce patient très agité. L’occasion de « faire fleurir un petit moment de bonheur » et d’interroger la place de la confiance dans cet environnement.
Hospitalisé sans son consentement, en chambre d’isolement, Franck demande à un infirmier de le laisser sortir un moment pour fumer. Ce dernier lui accorde un « crédit de confiance » et accède à sa demande. Cette clinique de la confiance reste le cœur du métier d’infirmier.