Les Ateliers Mercure dévoilent 9 propositions pour une culture de la santé mentale en France

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Dans le cadre des Assises de la santé mentale prévues les 27 et 28 septembre prochains, le Think-Tank Les Ateliers Mercure (*) formule 9 propositions concrètes pour une meilleure prévention et promotion de la santé mentale en France, dès le plus jeune âge.

Au regard des besoins et des enjeux de santé publique, les Ateliers Mercure (un think-tank créé par des jeunes professionnels et étudiants pluri-disciplinaires issus du monde de la santé *) se sont concentrés sur 3 objectifs prioritaires :
1 – Développer une culture de la santé mentale en France, dès le plus jeune âge
2 – Développer l’interdisciplinarité afin que la santé mentale dépasse les seuls secteurs du curatif et du soin hospitalo-centré
3 – Prévenir les décompensations de troubles mentaux ou psychiques, en développant l’accès aux premiers secours en santé mentale à la population générale.


La question de l’offre de soins n’a pas été choisie parmi ces axes car beaucoup d’études, de recherches et de propositions sont faites par les pouvoirs publics dans ce domaine.

Objectif I : Développer une culture de la santé mentale en France, dès le plus jeune âge

Proposition 1 : Développer une boîte à outils, physique et digitale, permettant d’aborder le sujet de la santé mentale chez les enfants et jeunes en France, et d’outiller ceux qui les accompagnent (parents, professionnels de la petite enfance, éducateurs, enseignants…).

Ces outils doivent être fondés sur un corpus de connaissances scientifiques validées et/ou d’expériences locales ou internationales ayant démontré leur efficacité. Elle permettra de travailler, seul ou en collectif, le développement de certaines compétences psychosociales, et de lien social, indispensables à un niveau satisfaisant de bien-être psychique.

Objectif II : Développer l’interdisciplinarité afin que la santé mentale dépasse le seul secteur sanitaire, notamment hospitalo-centré. Le constat étant fait que les déterminants de la santé mentale de la population dépendent, en grande partie, d’autres secteurs que le système de soin.

Proposition 2 : Créer une délégation interministérielle à la santé mentale
Transformer la délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie en une délégation interministérielle à la santé mentale chargée de mettre en oeuvre la stratégie nationale de la santé mentale et de la psychiatrie, d’en coordonner le déploiement territorial et sa communication. Ses avis et recommandations pourront éclairer l’ensemble des acteurs de la vie politique, dès lors que leurs arbitrages sont susceptibles d’exercer une influence sur la santé mentale des citoyens. Cette stratégie devra être régulièrement évaluée suivant des indicateurs prédéfinis en amont avec toutes les parties prenantes.

Proposition 3 : Des contrats courts pour concevoir des solutions en santé mentale
Ouvrir des contrats courts (10 mois) d’Entrepreneurs d’Intérêt Général (EIG) pour permettre à des designers, concepteurs, ingénieurs, soignants récemment diplômés, de contribuer à la conception de solutions de promotion et de prévention en santé mentale, adaptées aux besoins des citoyens.

Proposition 4 : Communiquer sur la santé mentale auprès du grand public grâce aux sciences comportementales
Développer une communication en santé mentale « 3.0 » au travers de campagnes de communication plus ciblées vers des publics prioritaires, co-construites avec des groupes de population cible, faciles d’accès, originales, dont les contenus sont validés et l’efficacité mesurée, intégrant les outils issus des sciences comportementales afin d’améliorer leur incidence.

Proposition 5 : Créer un portail digital national, ludique et collaboratif pour autoévaluer sa santé mentale et avoir accès à des ressources de prévention et d’auto-soin validées scientifiquement
Mettre en place un portail digital national collaboratif de la santé mentale, simple d’utilisation, proposant des outils d’auto-évaluation de santé mentale validés scientifiquement, des conseils personnalisés et des ressources adaptées pour permettre aux citoyens de « monitorer » et de gérer leur santé mentale au quotidien. De nombreuses solutions similaires ont été initiées avec succès à l’international (notamment au Canada avec les sites Wellness Together et AllerMieux).

Proposition 6 : Impulser des solutions innovantes au domaine de la santé mentale
Stimuler l’innovation et faire émerger des solutions novatrices dans les actions de santé mentale en suivant une logique de co-construction avec les différentes parties prenantes (citoyens, patients, soignants, chercheurs du domaine, etc.) à travers des évènements nationaux et interdisciplinaires : défis nationaux interuniversitaires et écoles, journées d’action, hackathons, etc.

Proposition 7 : Impliquer la société civile au sein des comités nationaux qui définissent les politiques de santé mentale
Assurer la participation de représentants de la société civile (et pas seulement des représentants d’usagers), des institutions de santé mentale, et des représentants des aidants, au sein des comités nationaux et institutionnels qui définissent les politiques de santé mentale et les indicateurs d’évaluation de ces politiques.

Objectif III : Prévenir les crises en santé mentale en développant l’accès aux premiers secours en santé mentale à la population générale et en soutenant la mise en réseau des acteurs formés.
Les premiers secours en santé mentale comprennent les savoirs essentiels pour permettre aux citoyens de savoir détecter, réagir, et orienter face à la détresse psychologique d’une personne.

Proposition 8 : Promouvoir un dispositif national de premiers secours en santé mentale, sur le même modèle que les premiers secours à la réanimation cardio-pulmonaire. Soutenir la création d’un dispositif national de formation aux premiers secours en santé mentale ouvert à tous, avec pour objectif de dispenser le savoir nécessaire pour reconnaître et agir face à une crise d’angoisse ou suicidaire aiguë dans son entourage, à la manière des journées de formation à la réanimation cardio-pulmonaire. Les cibles prioritaires de ces formations pourraient être les actifs en lien direct avec les personnes les plus exposées à la souffrance psychique (professeurs des écoles, personnels de l’enseignement supérieur, actifs en position managériales, etc.) ainsi que les services civiques, service national universel et service sanitaire.

Proposition 9 : Soutenir le déploiement d’un réseau “d’éclaireurs” en santé mentale, composé d’acteurs et de citoyens formés pour repérer et orienter les personnes en souffrance psychique
Formés aux premiers secours en santé mentale, les éclaireurs devront rediriger les personnes en souffrance psychique vers les ressources appropriées, dans le secteur social, éducatif ou sanitaire. Il s’agit d’une démarche de mobilisation d’un réseau d’acteurs et de citoyens formés, dans une logique de “pair à pair” et d’approche territoriale, allant vers les populations les plus à risques, isolées, permettant le repérage précoce, la lutte contre la stigmatisation en santé mentale et l’arrimage vers les services appropriés. Cette démarche innovante est mise en oeuvre au Canada avec succès et soutenue par les pouvoirs publics.


Contact : thinktank.sante@gmail.com

(*) « Les Ateliers Mercure » est un think-tank en santé, pluridisciplinaire, regroupant une cinquantaine de jeunes acteurs issus du monde de la santé. Il a pour vocation d’éclairer, par un regard nouveau, les problématiques qui émanent de notre système de santé français et de l’accompagner dans sa transition par l’élaboration de solutions innovantes.
Les propositions formulées sont le fruit d’un travail pluridisciplinaire. Pendant 10 mois, nous avons interviewé des professionnels et acteurs de la santé mentale afin d’inventorier les principales lacunes et difficultés rencontrées dans ce domaine. Les membres ont ensuite synthétisé et hiérarchisé les contributions pour aboutir à 9 propositions accessibles sur le site des Ateliers Mercures.