Aux postes élevés de l’hôpital, le plafond de verre pour les femmes perdure

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D’après cette étude réalisée par des praticiens du CHU de Rennes, la parité femme-homme en France parmi les professeurs d’université-praticiens hospitaliers (PU-PH) est loin d’être atteinte. Si plus de la moitié des praticiens hospitaliers (PH) sont des femmes, ce taux n’est que de 22% pour les PU-PH. Résumé des auteurs.

Introduction : dans de très nombreux pays, les femmes sont sous-représentées dans les postes universitaires supérieurs en milieu hospitalier. La présente publication a pour objet l’évaluation des places occupées par les praticien(nes) hospitalier(ère)s dans les hôpitaux publics français et leur évolution.   

Matériaux et méthodes : les données sur lesquelles s’appuie cette étude observationnelle ont été collectées auprès du Centre national de gestion et couvrent une période allant de 2015 au 1er janvier 2020. Dans un premier temps, les auteurs ont décrit les caractéristiques démographiques et les spécialités de tous les médecins nommés en médecine, pharmacie et odontologie exerçant en tant que praticiens hospitaliers (PH), maitre de conférence des universités (MCU-PH) ou professeurs  des universités (PU-PH) titulaires dans les hôpitaux généraux et universitaires français en 2020. Ils ont ensuite rapporté rétrospectivement l’incidence annuelle des nouvelles entrées selon le sexe et le statut professionnel de 1999 à 2019 grâce à la date de nomination de tous les praticiens en activité entre 2015 et 2020.

Résultats : en 2020, 51 401 praticiens (49,7 % de femmes) étaient en activité dans les hôpitaux publics français avec une large majorité de médecins (92,4 %) par rapport aux pharmaciens (6 %) et aux dentistes (1,6 %). Les femmes représentaient 52,5 % des praticiens hospitaliers, 48,6 % des MCU-PH et 22,0 % des PU-PH (p < 0,001). Il existait des disparités entre les taux de femmes PU de médecine (20,6 %), de pharmacie (36,1 %) et d’odontologie (44,3 %, p < 0,001). Les femmes ont été nommées praticiens hospitaliers et MCU-PH plus tôt que les hommes (respectivement 37,1 contre 38,8 ans, p < 0,001 et 36,1 contre 36,5 ans, p = 0,04), et à un âge plus avancé chez les professeurs titulaires (43,7 contre 41,9 ans, p < 0,001). Comparativement aux hommes, la proportion annuelle de femmes nommées varie significativement entre 1999 et 2019 de 47,6 % à 60,4 % pour les praticiens hospitaliers, de 50,0 % à 44,6 % pour les MCU-PH et de 11,2 % à 33,3 % pour les PU-PH (p < 0,001 pour la tendance).

Conclusions : bien que de plus en plus de femmes occupent des postes dans les hôpitaux français, il existe toujours un écart entre les sexes concernant l’accès au statut de professeur des universités en médecine et en pharmacie, mais pas en odontologie. La comparaison est difficile compte tenu des effectifs très différents. Malgré une tendance à l’amélioration de la parité entre les femmes et les hommes au cours des vingt dernières années, l’égalité n’a pas encore été atteinte en ce qui concerne l’accès aux postes les plus élevés.

• Intitulé « Gender inequality among medical, pharmaceutical and dental practitioners in French hospitals: where have we been and where are we now? » et publié dans la revue scientifique PLOS ONE, l’article est accessible sur : https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0254311.